vendredi 29 novembre 2019

Exercice du Tai Su Daoyin Fa Qi Gong (Qi Gong du Grand Flux)


Exercice Douze Portes Treize Postures et début du Grand Flux (Tai Su)


Les bienfaits du Qi Gong

Cet article est la retranscription d'une partie d'un stage de Qi Gong que j'ai animé faisant suite à une question posée par l'une des stagiaires, à savoir donc : "pouvez vous nous dire quels sont les bienfaits du Qi Gong ?"

Lorsque j'ai commencé à étudier la médecine chinoise traditionnelle, mon enseignante de MTC, Mme Wang De Feng, présentait cette médecine d'une façon très chinoise, donc très pragmatique.
Elle nous disait qu'avant d'aller chercher des explications compliquées dans des théories très subtiles, il fallait tout d'abord commencer par chercher des éléments de compréhension simples, dans les théories les plus simples elles aussi.
Par exemple, si quelqu'un souffre d'une lombalgie, avant d'aller chercher un déséquilibre du Yin des reins ou un dysfonctionnement de l'énergie du ciel antérieur, il faut tout d'abord lui demander si il a fait des radios qui dévoileraient peut être dans un premier temps une arthrose sur les vertèbres dans cette zone, arthrose qui pourrait être à l'origine de l'inflammation d'un nerf.

On peut avoir ce même niveau de lecture pour le Qi Gong... Avant d'aller chercher des éléments de réponses complexes voir farfelues, partons tout d'abord du plus simple pour nous acheminer tout doucement vers le plus compliqué.

Je précise que je ne suis ni médecin, ni ostéopathe, ni psychiatre, ni chercheur en neurosciences... je pratique, et en tant que pratiquant, j'ai cherché à comprendre pour moi tout d'abord, puis pour les personnes qui pratiquent avec moi ensuite, pourquoi "ça me fait du bien"...

J'ai observé et analysé ma propre pratique afin, dans un premier temps, de distinguer vraiment ce qui me faisait du bien, pour essayer ensuite de comprendre "comment ça marche".

L'évolution de la médecine, de la psychologie cognitive, des neurosciences, de l'imagerie médicale, mais aussi des sciences du sport ont permis de confirmer que les bienfaits ressentis du Qi Gong, du Tai Ji Quan ou du Yoga pouvaient s'expliquer et se comprendre, et qu'ils ne relevaient ni de la magie ni d'un ésotérisme alimenté principalement avec des "il faut croire" ou "il ne faut pas chercher à comprendre".

Il n'y a rien ni de merveilleux ni d'extraordinaire dans le fait que de s'exercer à une discipline qui favorise une prise de conscience corporelle fine par des mouvements lents et conscients et un travail respiratoire, permet de ressentir un mieux-être ou du bien-être.

On sait maintenant, pour l'avoir analysé, décortiqué, observé, mesuré, etc. que le Qi Gong permet :

1. L'entretien de la souplesse articulaire.

C'est le plus évident ! Les mouvements lents et précis du Qi Gong agissent sur les poignets, les coudes, les genoux, les doigts, le bassin, la colonne vertébrale, le cou, les omoplates, etc.
Tout le corps est sollicité et chaque structure articulaire profite ainsi d'une sollicitation et ensuite d'un relâchement.
Ployer et déployer les genoux, enrouler et dérouler la colonne vertébrale, passer le bassin en postéroposition et antéroposition, exécuter des cercles avec les mains, transférer le poids du corps latéralement et d'avant en arrière, etc.... Tous les exercices engagent le corps dans une grande mobilisation générale.

2. La mobilisation des muscles profonds.

Les muscles profonds par exemple, le psoas et l’iliaque, l’ilio dorsal, le long dorsal, les intervertébraux et le sus épineux sont particulièrement sollicités dans les activités physiques qui demandent des ajustements fins. 
Très proches des articulations, ils sont peu volumineux. 
Leurs fibres sont du type I lentes. 
Leur fonction cybernétique est rendue possible grâce à leur grand nombre de récepteurs neuromusculaires. Les muscles profonds sont responsables de l’ajustement tonique et jouent un rôle important dans la stabilisation articulaire. 
Leurs trois caractéristiques sont qu'ils sont peu volontaires, très endurants, qu'ils s’atrophient en premier.

Ces spécificités conduisent à penser leur renforcement et leur étirement de façon radicalement différente de celle des muscles superficiels. 
Les muscles profonds jouent un rôle déterminant dans la maîtrise des mouvements et le maintien des postures. L’un des premiers objectifs du Qi Gong est justement de corriger la posture et donc d’engager le travail des muscles profonds.

L'exercice par exemple de la posture de l'arbre (Zhang Zhuang) est un exercice qui va solliciter efficacement les muscles profonds.
Les corrections apportées par la posture favorisent, grâce à l'entretien de la tonicité des muscles profonds, la proprioception.

La proprioception (du latin proprius - propre à - et recipere - recevoir -) désigne notre capacité à connaître la position de notre corps dans l’espace.
Elle rassemble trois propriétés :
- la sensibilité à la position (statesthésie) qui nous informe continuellement des positions de chaque articulation grâce à des récepteurs situés autour des articulations, dans les muscles et la peau.
- la sensibilité aux mouvements (kinesthésie) : à la fois à la vitesse, à l’amplitude et à la direction.
- la sensibilité à la force.

La proprioception est de deux types :

- inconsciente : elle intervient dans le maintien de la station debout et dans les ajustements posturaux grâce à la mise en jeu de voies réflexes médullaires et permet des ajustements rapides.

- consciente : elle repose sur le traitement cortical des informations donc elle est volontaire.

Le travail en proprioceptivité agit sur plusieurs plans :

- il exerce les différents mécanismes réflexes et crée des automatismes protecteurs
- il renforce les muscles périarticulaires
- il construit le schéma postural physiologique.

C’est la neuroplasticité - c’est-à-dire la réorganisation des réseaux neuronaux corticospinaux - qui constitue le substrat physiologique de la rééducation proprioceptive.
Des travaux en neurosciences (travaux de Stefan et al. en 2004 notamment ) ont prouvé le rôle prépondérant de l’attention proprioceptive dans l’induction de la plasticité neuronale.

Favoriser le travail postural, sollicite les muscles profonds. Cette mobilisation des muscles profonds renforce notre proprioception, qui va envoyer à notre cerveau des schémas physiologiques plus précis, qui à leur tour vont favoriser une meilleure plasticité neuronale et donc prévenir les altérations du vieillissement cérébral en favorisant aussi ainsi l'entretien de nos schémas neuronaux. 

3. Le massage du diaphragme

La respiration, lorsqu'elle est amplifiée et consciente, agit de façon active sur une cloison essentielle de notre corps : le diaphragme thoracique.

Notre diaphragme est un muscle fin et aplati qui sépare la cage thoracique de l’abdomen. Il laisse toutefois un passage à l’œsophage, à la trachée, aux nerfs, aux artères et veines (dont l’aorte) ainsi qu’aux vaisseaux lymphatiques.


Lors de l’inspiration, les fibres musculaires du diaphragme se raccourcissent en se contractant et entraînent le centre du diaphragme vers le bas.

Pour cela il faut lutter contre la pression abdominale et pousser le foie, l’estomac et les autres organes vers le bas. Le muscle transverse de l’abdomen (ventre et bas-ventre) se détend.

L’abaissement du diaphragme crée une dépression (vide) dans les poumons qui aspire alors l’air extérieur.

Lors de l’expiration, les muscles du diaphragme se détendent et s’allongent grâce à la pression abdominale et l’action du muscle transverse qui se retend (abdomen).

Les organes de l’abdomen remontent et reprennent leurs places en poussant le centre du diaphragme vers le haut.

On constate donc qu’à chaque mouvement du diaphragme, les organes sont massés. Ce massage continu de tout le système digestif favorise notamment une bonne digestion et un bon drainage des fluides.

On peut donc affirmer qu’une crispation ou tension du diaphragme va avoir une incidence directe sur ce transit et le bon fonctionnement de ceux qui empruntent cette voie.

C’est le cas, par exemple, avec le système nerveux sympathique qui active l’organisme en cas de stress (élévation de la fréquence cardiaque, du rythme respiratoire, dilatation des pupilles…) ou avec le système nerveux parasympathique qui lui au contraire calme l’organisme (baisse de la fréquence cardiaque, du rythme respiratoire, rétractation des pupilles…) et le ramène à l’équilibre (homéostasie).


La respiration est d’ailleurs capable d’agir sur ce dernier et engendrer calme et retour à l’équilibre. Par contre, si la tension est telle et que le système nerveux est « coincé », il peut alors être à l’origine de désagréments comme une augmentation du rythme cardiaque ou une dilatation des pupilles (éblouissement) sans raisons concrètes pour nous. 
En cas de stress et donc de tension du diaphragme avec compression du système nerveux, l’organisme peut donc avoir du mal à maintenir son équilibre.


Il possède également des rôles un peu moins connus, mais tout aussi essentiels :

  • Il régule l’équilibre acido-basique par élimination du CO2 et des déchets dégradés et expulsés par les poumons.
  • Il a un rôle important dans le brassage viscéral : il améliore la digestion.
  • Il masse le cœur et régule la fréquence respiratoire et cardiaque via le système nerveux parasympathique.
  • S’il est en tension, il peut donner des tensions dans le cou et les trapèzes de par son innervation (c3c4c5).
  • Il a un rôle dans la régulation posturale (la proprioception vue plus haut).


Respirer de façon consciente va donc permettre d'amplifier le mouvement du diaphragme et d'effectuer un auto-massage porteur de multiples bienfaits : favoriser l'élimination du CO2, améliorer la digestion, libérer les tensions, évacuer les émotions négatives qui entravent la respiration, etc.  

4. Le massage de notre cerveau

Je dis cela avec un peu d'humour, mais pourtant, c'est vrai. 
Les immenses progrès qu'ont fait les neurosciences permettent aujourd'hui de confirmer le rôle important sur le cerveau du travail respiratoire conscient et des mouvements lents du Qi Gong.

Les balancements lents de certains exercices permettent de relâcher les tensions des membranes protectrices du cerveau. Il y a donc une action physique possible, mais aussi une action électro-chimique.

La détente et la relaxation que permettent la respiration conscientisée, favorisent la production de sérotonine, et permettent une modification de l'activité électrique du cerveau, en développant des ondes alpha et têta, favorables à l'évacuation des émotions et pensées stressantes.

Dans le cerveau, le stress provoque l’atrophie de certaines zones comme l’hippocampe ou le cortex préfrontal, de zones qui sont importantes notamment pour la mémoire, l’apprentissage, la planification, la prise de décision. Mais également l’hypertrophie de l’amygdale qui intervient sur la régulation émotionnelle. Et cela génère plus de sensations négatives comme la peur, l’agressivité ou l’anxiété.

Au niveau cellulaire, le stress psychologique diminue la réponse immunitaire. Et il génère de l’inflammation, qui si elle dure trop longtemps ou de manière répétée peut entraîner des altérations au niveau des tissus. Il créé aussi des mécanismes qui accélèrent le vieillissement cellulaire. 
Tous ces mécanismes toxiques du stress chronique sont liés à l’épigénétique. 

Des chercheurs ont démontré par des études menées sur des groupes de pratiquants de méditation l’impact quasi-immédiat de la méditation sur les gènes pro-inflammatoires RIPK2 et COX2 ainsi que sur plusieurs gènes nommés  "HDACs" qui régulent l’activité épigénétique d’autres gènes en supprimant l’expression d’un composé chimique. 
Ces modifications épigénétiques sont associées à une récupération plus rapide des niveaux de cortisol, à la réponse au stress, l’inflammation et le vieillissement cellulaire qui sont des facteurs de risques pour la plupart des maladies chroniques. 

5. Le développement de la vertu d'humanité

« Fortifier le corps, développer les sens, et éveiller l’esprit » 

C’est une devise du Daoyin Qi Gong ; c’est une ligne de conduite autant qu’une pensée fondatrice. 
Guider et étirer l’intention, pour nourrir les principes vitaux, pour nourrir l’intérieur, c'est le sens de Daoyin, ce petit mot anodin placé devant Qi Gong pendant plus de 2000 ans et qui disparu par décision politique en 1949 !
« Fortifier le corps, développer les sens et éveiller l’esprit ». Les anciens maîtres du Tao ne se trompaient pas : nos cinq sens sont des vecteurs d’expérimentation, de connaissance, de découverte et d’adaptation à notre environnement.

Il n’y a pas d’expérience du monde que nous puissions faire à l’extérieur de nous même ! Nos capteurs sensoriels reçoivent le monde, notre système nerveux l’interprète et notre cortex cérébral le vit ! Nos sens façonnent nos mémoires : nos mémoires sensorielles, intellectuelles, physiques et émotionnelles. L'addition de ces mémoires fait que l'on vit le monde qui nous entoure et structure notre psychologie.

Une symphonie puissante se joue dans notre corps, liant entre elles des neuro-stimulis que notre cerveau va interpréter, va transformer, va choisir d’amplifier ou d’oublier.

Le chef d’orchestre de cette symphonie parfois harmonieuse, parfois discordante, c’est nous. Mais qui sommes nous ? Qui suis-je ?

Daoyin... Guider et étirer l’intention… Notre sensorialité nous ramène à notre corps car grâce à nos perceptions nous pouvons observer et comprendre notre environnement. Revenir à notre corps, c’est retrouver la conscience d’exister, de percevoir le mouvement de la vie en soi.

Si il y a mouvement et si il y a respiration, alors il y a vitalité.

Mobiliser le mouvement, mobiliser la respiration, c’est mobiliser la vie.

C’est l’éveil de la conscience, c’est être.

On parle tellement du bien-être de nos jours, en oubliant parfois de préciser que le bien-être c'est surtout être bien ! C'est une attitude qui s'établit dans la durée et qui prédispose au bonheur.
Il faut une force mentale, une rectitude, une énergie ferme, bienveillante et non complaisante pour s'établir dans le bonheur. Cela n'a rien à voir le plaisir, qui par définition est éphémère.
La somme de tous nos plaisirs ne nous rend pas plus heureux. Elle nous rend plus dysfonctionnel, plus exigeant, plus sclérosé... Le bonheur est ce qui nous lie à l'Autre. On peut avoir le déplaisir de manger un plat peu appétissant, mais goûter quand même au bonheur de manger ce plat entouré de tous nos amis. Ce n'est pas le plat qui est alors important, c'est la force de ce moment de vie en commun avec les gens qu'on aime.
Si le Qi Gong n'est qu'un outil de développement personnel alors toute la sagesse des anciens maîtres du Tao peut être considérée comme perdue.
Le Qi Gong doit nous permettre de nous relier à la Vie, au vivant et aux vivants.
Le Qi Gong, en nous permettant de fortifier notre corps, de développer nos sens et d'éveiller notre esprit, doit être un outil non pas de développement personnel, mais de développement spirituel, d'existence, dans le sens d'Ex Sistere, de "sortir de", de nous "manifester à", et d'être porteur autour de nous d'apaisement et de vitalité.

Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse, mais fais à autrui ce que tu aimerais qu’il te fasse, ceci sans s’opposer à son intention » (Li Ji) « Livre des Rites » - Confucius

L’Etre humain (Ren) voit le Ciel (Tian) et peut recevoir le souffle spirituel (Shen Qi),
L’Etre humain écoute la terre (Ti) et peut comprendre le souffle essentiel (Jing Qi),
L’Etre humain échange avec l’Etre humain (Ren) et peut évoluer (changer le cours des choses ou le destin) (Ming).
Celui qui ne sait pas voir le ciel et ne veut pas comprendre la terre demeurera l’esclave de l’Etre humain ou achètera celui-ci.  (Shing Ji) - « Le Livre des Odes » - Confucius

Ainsi, qui se veut Dur, qu'il se garde par la douceur
Et qui se veut Puissant, qu'il se protège par la souplesse.
Par douceur accumulée on se fait Dur
Par souplesse accumulée, on se fait puissant.
(...)
Le puissant vainc qui lui est inférieur ;
Contre qui lui est égal, sa puissance n'est que de même force.
Le doux, lui, vainc même ce qui le dépasse ;
Il dispose d'une force incalculable.     Traité du prince de Huainan

Perdu en mer, un homme ne distingue plus l'Est de l'Ouest ;
Mais il lui suffit de trouver l'étoile Polaire pour se repérer.
La nature de l'homme est son étoile polaire :
Qu'il se considère lui-même
Et il ne perdra rien des dispositions propres des êtres ;
Sans ce regard sur soi,
Au moindre choc, il est profondément perturbé.
C'est comme de se baigner à Longxi :
Plus on s'agite, plus on s'enfonce.      
Traité du prince de Huainan











   


lundi 30 septembre 2019

Comment le Qi Gong peut guérir toutes les maladies ?



Avant de répondre à cette question, je vais tout d'abord m'attarder sur deux mots : guérir et maladie.

Quand on regarde la définition de guérir, on peut lire ceci : débarrasser d'une maladie physique ou mentale en ramenant la santé.

Et pour maladie : altération, trouble de l'organisme.

Lorsqu'on cherche un peu quels sont les différents types de maladie, on arrive assez vite sur des tableaux complexes, différenciant les maladies par familles et présentant les maladies cardio-vasculaires, les maladies respiratoires, les maladies génétiques, les maladies parasitaires, les maladies dermatologiques, les maladies psychiques, les maladies microbiennes et virales, les maladies chromosomiques, etc...

Donc, quand on dit que le Qi Gong peut guérir (ou peut aider à guérir des maladies) de quelles maladies parle t-on ?

Je peux lire parfois sur certains sites Internet que le Qi Gong "booste" les défenses immunitaires, qu'il améliore le sommeil, qui aide à lutter efficacement contre le stress, qu'il aide à réduire la tension artérielle systolique, qu'il aide à réduire le niveau des mauvais cholestérols et des triglycérides, etc, etc...

Présenter le Qi Gong par cet aspect thérapeutique n'est pas nouveau.
De nombreux praticiens en médecine chinoise traditionnelle présente des exercices de Qi Gong à leur patient par le biais de Qi Gong dits thérapeutiques ou médicaux.

Mais ils le font dans le contexte de la Médecine Chinoise Traditionnelle, par rapport à un diagnostique propre à la Médecine Chinoise Traditionnelle, pour palier à un déficit de Yin,  ou pour harmoniser les Hun et les Po, ou pour lutter contre un vide du Yang de la rate, etc.

Présenter le Qi Gong comme un outil permettant de débarrasser le corps d'une maladie en ramenant la santé, reste très présomptueux.

J'ai une amie qui souffre de la maladie de Lyme. Elle a été contaminée par des piqûres de tiques et a développé une spondylarthrite ankylosante.
Le Qi Gong lui fait du bien, je lui montre quelques exercices, mais nos emplois du temps n'arrivent plus à s'accorder.
Elle décide donc de trouver des cours de Qi Gong plus proche de chez elles et en accord avec son emploi du temps et sa vie de famille.
Elle rencontre donc un prof de Qi Gong et lui parle de son problème.

Il lui présente des exercices et lui affirme que grâce à ces exercices, elle ira mieux.

Elle pratique, et ça ne va pas mieux. 
Elle revient vers lui et s'entend dire que "si ça ne marche pas, c'est de sa faute ! C'est parce qu'elle ne pratique pas assez et qu'elle n'a sans doute pas vraiment envie de guérir..." 

Est ce raisonnable de dire cela ? Je te dis que ça va marcher, et si ça ne marche pas, c'est de ta faute.
C'est comme un garagiste qui vous rend votre voiture en disant "elle va marcher, j'ai fait les révisions qu'il fallait, et maintenant, elle va bien fonctionner !".
Vous faîtes 10 km avec la voiture, elle tombe en panne, et quand vous la ramenez au garagiste, il vous dit que "de toute façon, si la voiture ne fonctionne pas, c'est de votre faute. C'est parce que vous n'avez pas envie qu'elle fonctionne."

D'un côté, je vous dis que le Qi Gong peut lutter contre le stress ou les maladies cardio-vasculaires, et quand ça ne fonctionne pas, je me dédouane en reportant la faute sur votre pratique... Est ce raisonnable ?

Je crois que c'est environ 30% des maladies qui, lorsqu'elles affectent notre santé, ne sont pas liées à des facteurs que l'on peut éviter, soit en ayant une bonne hygiène, soit en s'alimentant correctement, soit en apprenant à gérer nos émotions.

Cela veut dire que dans 70% des cas, bon nombre de maladies peuvent être éviter, ou en tout cas limiter, lorsqu'on a une bonne hygiène, lorsqu'on se repose, lorsqu'on mange convenablement, etc.

Nous sommes dans une époque formidable, vraiment !
Malgré tout ce que l'on peut dire ou critiquer, les savoirs n'ont jamais été autant accessibles. La médecine a fait des bonds de géants ! 
Nous pouvons avoir des médecins et des hôpitaux, des centres d'examens médicaux, une sécurité sociale...

On ne peut pas dire qu'on ne sait pas aujourd'hui ou qu'on manque d'informations.
Il y a plein d'informations sur Internet, avec des sites médicaux qui véhiculent de bonnes informations, il y a des émissions à la télé, des livres, des magazines !

Si on vous dit que consommer trop d'aliments gras ou de manger trop sucré provoque des maladies, c'est vrai !
Si on vous dit que fumer facilite les cancers du poumons et augmente les maladies cardio-vasculaires, c'est vrai.
Si on vous dit que boire de l'alcool, même en très faible quantité quand vous êtes enceinte est préjudiciable à votre enfant, c'est vrai.

Après vous faîtes les choix que vous voulez.
Mais si on vous donne la notice, en vous disant de ne pas mettre dans la machine tel carburant ou tel produit parce que ça va la dérégler, et que vous le faîtes quand même, c'est votre choix.

N'attendez pas du Qi Gong qu'il règle vos problèmes de sommeil, de stress, de cholestérol, de diabète ou que sais-je...

Le Qi Gong est un outil. Juste un outil !
Votre santé, c'est vous qui la gérez, pas le prof de Qi Gong.
Pas le Qi Gong.

Si vous faîtes une séance de Qi Gong et que vous fumez une cigarette juste avant et une cigarette juste après, dans un bar, en consommant trois bières en mangeant du saucisson, le Qi Gong ne fera rien pour vous !

Rien ! Je vous l'affirme !!!

Celui qui peut faire quelque chose pour vous même, au moins pour 70% des affections qui peuvent vous rendre malade, c'est vous même !
C'est vous qui décidez de fumer ou de surconsommer de la viande, de l'alcool ou que sais-je, ou de jouer à des jeux vidéos au lieu d'aller dormir et vous reposer.

Si une affection est existante, dans 70% des cas, c'est sans doute vous qui l'avez laissé s'installer, donc c'est à vous de réparer votre machine.
Le Qi Gong ne le peut pas. 
Ce n'est pas la fonctionnalité du Qi Gong, car le Qi Gong, comme la médecine chinoise a été réfléchi pour être préventif et pour entretenir.

C'est d'ailleurs le sens de Qi Gong : entretenir la vitalité.
Encore faut il avoir de la vitalité à entretenir...
Aujourd'hui, on introduit le Qi Gong ou le Yoga auprès de malades du cancer en phase de rémission. 
C'est très logique ! 
La santé et la vitalité commencent à revenir, il faut donc l'entretenir. Là, c'est logique de pratiquer le Qi Gong ; en renfort !

Mais vous, si vous êtes en bonne santé, et que vous décidez de détériorer votre vitalité, parce qu'il faut toujours travailler plus, toujours manger plus, toujours fumer plus, toujours boire plus, toujours s'amuser plus, toujours plus plus plus, et comme un petit enfant qui ne supporte pas qu'on lui dise stop et qui fait des caprices vous continuez même en sachant que c'est mauvais pour vous, si vous êtes comme cela, n'espérez pas du Qi Gong un miracle.

Espérez ce miracle de vous même, attendez de vous-même de reprendre votre santé en main !

J'ai toujours des personnes qui me disent qu'elles attendent du Qi Gong que cette méthode leur apporte du bien être, les aide à moins stresser, à mieux dormir.

Oui, ça peut aider... En renfort... En soutien... 
Mais pour ma part, je m'arrêterai à cela, et je demeurerai humble quant aux éventuels résultats de la pratique...

dimanche 29 septembre 2019

Le Qi Gong, moi j'y crois pas !

Il m'arrive assez régulièrement, lorsque le sujet du Qi Gong ou même par extension du Yoga ou du Tai JI Quan, arrive dans une discussion, d'entendre affirmer : "le Qi Gong, moi j'y crois pas"... ou, "Il faut y croire pour que ça marche"...

Parfois, pour m'amuser, je réponds : "oui, vous avez raison ! Moi, par exemple, je ne crois pas au footing"...

Effectivement, si on m'a dit que le footing me permet de me connecter à la nature en éveillant en moi les énergies telluriques et célestes de ma personnalité par l'union mystique de ma course avec la course du cosmos, effectivement donc, je peux légitiment affirmer et confirmer que "le footing, je n'y crois pas !".

Si maintenant on me dit que le footing est une pratique sportive de détente allant de la marche rapide à la course modérée, ayant pour objectif l'entretien de ma santé respiratoire, musculaire et cardio-vasculaire, alors, là, oui, je peux avoir toutes les meilleures raisons de croire à ce que l'on m'explique.

En fait, c'est très bien de ne pas croire au Qi Gong. 
C'est même très sain !

Je préfère discuter du Qi Gong avec quelqu'un qui va me dire qu'il n'y croit pas, car cela m'indique qu'on a du surement raconter de belles bêtises à mon interlocuteur, et que cette personne avec qui je discute fait surement preuve de discernement et d'intelligence pour réfuter les stupidités qu'il a du entendre, ou pour réfuter tout au moins les explications sans doute légères et évaporées qu'on lui a servi sur ce sujet.

Si la personne avec qui je discute me dit qu'il ne croit pas au Qi Gong parce qu'on lui a expliqué que le Qi Gong permet d'harmoniser ses chakras ou de canaliser les flux d'ondes positives en lui pour se connecter à son Moi Intérieur, c'est très sain de sa part de refuser ces explications.

Les personnes qui cautionnent ce genre d'explications à grand renfort de "chakra", "d'énergie", de "yin par ci et de yang par là", manquent de culture et sont crédules. Elles écoutent et croient n'importe quelle théorie ! Elles ont tellement envie de croire, que comme dans Alice au pays des Merveilles, elles seraient prêtes à suivre un lapin qui jacasse et qui regarde sa montre ! Et on en arrive parfois à des choses vraiment drôles ou au contraire très inquiétantes, diverses et variées mais toujours avariées !

Je le redis : c'est donc très sain d'affirmer qu'on ne croit pas au Qi Gong quand on vous a expliqué des choses qui ne sont ni rationnelles ni vérifiables. Cela signifie tout simplement que votre mode de raisonnement attend des explications cohérentes et que votre intelligence se refuse à accepter des éléments douteux.

J'entendais sur Youtube un médium expliquer de façon très posée, en parlant vraiment d'autorité, comment le soir l'âme quitte le corps, voyage dans l'astral, pour aller parler à Dieu et à nos guides de lumière, et que c'est sur, c'est comme ça, et pas autrement...

La personne qui me dit qu'elle ne croit pas à cela, pour moi elle est très saine d'esprit.
Ce qui m'inquiète plus ce sont toutes celles qui ont laissé des commentaires de remerciements, des like et autre "vous m'éclairez énormément sur ce que je vis en dormant"...

De nos jours, tout le monde veut apporter des preuves scientifiques aux bienfaits du Qi Gong ou à l'énergie vitale.
On veut expliquer que l'aura existe, qu'on l'a photographié, ou que l'énergie existe, qu'on a prouvé ce fait par des mesures électriques au niveau des méridiens, et que cela a été fait dans un laboratoire en Chine, au Japon, par des scientifiques russes ou mieux encore, aux Etats Unis ! Dès qu'on dit que les tests sont faits aux Etats Unis par un scientifique américain, en général, c'est top !

On veut prouver que le Qi Gong baisse le taux de cholestérol ou aide à lutter contre le diabète ou les maladies cardio-vasculaires.

Chercher à comprendre, c'est déjà contredire dit-on...

Celui ou celle qui cherche à comprendre, ou qui oppose un refus à la simple acceptation par la croyance, on lui lance alors "si tu ne crois pas, c'est sur que ça ne marchera pas !"...

Donc, d'un côté, il faut apporter des preuves scientifiques, mais d'un autre, il faut y croire pour que ça marche... Cela commence à devenir sacrément schizophrénique !!!!

Pourtant, le footing, même si on n'y croit pas, ça marche... et même d'ailleurs, ça court !
Le Qi Gong qui puise ses racines dans un passé vieux de plus de 2000 ans serait donc moins efficace qu'une pratique développée il y moins d'un siècle ou deux ?

Soyons sérieux...

Si vous ne croyez pas au Qi Gong, c'est très bien !
Le Qi Gong n'est pas une pratique de rebouteux ou de magnétiseur.

C'est une gymnastique basée sur des mouvements praticables à un âge avancé grâce à une gestuelle lente et douce, favorisant un entretien articulaire qui associée à un travail respiratoire spécifique a pour objectif global d'aider à l'entretien de la vitalité du pratiquant.

Le Qi Gong, compris dans son contexte géographique et historique, s'appuie sur une connaissance du corps développée par les lettrés et les scientifiques de l'époque, qui la plupart du temps étaient soit des religieux bouddhistes ou taoïstes, soit des praticiens dans le milieu médical traditionnel de la médecine chinoise.

Porté par les philosophies bouddhistes et taoïstes, le Qi Gong propose une vision globale de l'être humain en avançant l'hypothèse que lorsque la vitalité du pratiquant est bien entretenue elle confine au bien-être, et que ce bien-être est propice alors à un autre type de travail favorisant l’apaisement du mental et une possible recherche alors plus spirituelle.

CQFD !


Comprendre le Qi Gong rapidement... c'est possible !

En avril 1972, dans la région de mawangdui, est mis à jour un tertre funéraire. Il s'agit du tertre funéraire contenant la dépouille de la marquise de Dai, femme du premier ministre du roi de Qin, de son mari et de leur deux fils.

La tombe de la duchesse présente un intérêt tout particulier. Hormis le fait que le corps était parfaitement conservé et que le tombeau contenait un véritable trésor archéologique, on y trouva un document traitant de la philosophie taoïste, ainsi qu'une peinture sur soie, représentant une quarantaine de personnages pratiquant ce qui pouvait être assimilé à une gymnastique.

A côté de chaque personnage figurait un caractère désignant un organe et un son. Il s'agissait du descriptif d'une pratique médicale basé sur le mouvement et la respiration, nommé Daoyin Tu (litt. : pratique d'entretien de la voie).




Les archéologues datèrent très précisément la date de l'inhumation qui eut lieu donc, en 184 av. J.C.

C'est la première trace archéologique avec une datation précise, qui confirme une réelle ancienneté du Qi Gong.
Les autres preuves de l'ancienneté de ces techniques sont issues d'écrits relatifs soit à la médecine chinoise, soit à des descriptions historiques établis par des contemporains lettrés. Les datations sont moins précises, et plus les références font remonter les histoires loin dans le temps, plus celles-ci se confondent entre réalités historiques et contes conservés par des transmissions orales.

Entre 140 et 265 après J.-C., un médecin du nom de Hua To, découvre le principe de l'anesthésie par acupuncture et fonde une méthode de soin basée sur une gestuelle inspirée du mouvement de cinq animaux. Le jeu des cinq animaux du docteur Hua To restera comme l'un des plus fameux Qi Gong jamais créé (Wu Chin Si Qi Gong).

Plus récemment, mais au XIIeme siècle quand même, c'est un général du Yue Fei, qui laissera à la postérité une pratique de Qi Gong connu encore aujourd'hui sous le nom de Ba Duan Jin (les pièces de brocart).

Il y aura ainsi de nombreuses preuves établissant que la pratique du Qi Gong, ou des Qi Gong ne date pas d'hier.



Le caractère de l'idéogramme Qi, se compose de différentes parties : une gerbe d'épis, placée dans un récipient recouvert d'un couvercle, récipient duquel s'échappe de la vapeur. L'idéogramme est traduit par air, air en mouvement, souffle, vie, énergie, vitalité.

C'est la logique chinoise : si il y a air, il y a souffle. 
Il y a alors mouvement et donc énergie.
Si il y a énergie et mouvement, alors il y a vitalité.

A contrario, sans mouvement, sans souffle et sans air, il n'y a pas de vie.

Respirer c'est donc motiver le souffle.
Motiver le souffle c'est favoriser l'énergie.
Favoriser l'énergie, c'est tout simplement s'ouvrir à la vie.

Très vite et très tôt donc, pour les praticiens du Tao, il va y avoir corrélation ente le mouvement (et donc l'entretien de la mobilité physique) et la respiration (et donc l'entretien du souffle) afin de parvenir à un entretien de la vitalité de façon générale.

On peut citer De Sambucy, précurseur de l'ostéopathie en France qui écrira au sujet du Qi Gong : « Ces techniques ont, en bonne partie, donné naissance à la suédoise de Ling (1810). Ils sont infiniment plus précis, plus nets, plus parfaits, plus ortho-pulmo-vertébraux que dans la corrective de Ling. Des rhumatisants, des malades couchés, des grabataires peuvent, assis sur le parquet, assis sur leur lit, les exécuter. Honneur aux sages qui enseignaient cela il y a 2700 ans ! Voilà ce qu'enseignaient à leurs élèves Lao Tseu et maître Kong »

Le Daoyin Fa Qi Gong : définition et description

Daoyin Fa Qi Gong signifie entretien (Gong) de la vitalité (Qi)  par les techniques (Fa) de nutrition intérieure (Daoyin).
Cette appellation a été le plus souvent assimilée aux pratiques d'obédience taoïste.

Le Daoyin Fa Qi Gong peut être décrit comme une gymnastique de santé ancienne qui s’appuie sur la théorie fondamentale de la médecine chinoise traditionnelle ainsi que sur les principes taoïstes.

La particularité des méthodes traditionnelles de Daoyin est d'agir concrètement sur 5 points :

1. L'entretien jusqu'à un âge avancé de la mobilité articulaire, par le biais de postures et de mouvements respectant le jeu des diverses articulations.

2. La mobilisation par le biais d'attitudes ou de mouvements spécifiques des muscles internes profonds comme le diaphragme thoracique, le psoas, l'illiaque et leur réunion : le psoas illiaque, mais aussi les muscles des extrémités.

3. Agir sur l'appareil circulatoire pour rechercher une régularisation du rythme cardiaque plus qu'une accélération. On cherche à faciliter la circulation sanguine plus qu'à l'accélérer.

4. Agir bien évidemment sur l'appareil respiratoire, notamment par le biais de la respiration cardio pulmonaire, mais aussi par le biais du Mouvement Respiratoire Primaire.

En favorisant un travail profond de la respiration, on va dans un premier temps amplifier les mouvements de l'abdomen. A l'inspiration on va gonfler le ventre, et pendant la phase d'expir, on va rentrer le ventre.
Cette amplitude nouvelle va permettre un massage en profondeur des intestins et diffuser ainsi plus de sang dans l'organisme.
Cet afflux sanguin va agir sur la dispersion des stases et améliorer ainsi la sensation de bien-être général.

Le MRP (mouvement respiratoire primaire), correspond lors de l'inspiration et de l'expiration à la fluctuation du liquide céphalo rachidien, qui induit par l'action des membranes intra-crâniennes et intra-spinales, des micro-mouvements au niveau des os du crâne et du sacrum.
Ces micro-mouvements sont répercutés comme une onde dans tout le corps via les fascias et les liquides corporels et permettent, ce faisant, des échanges vitaux et énergétiques importants.
Ce MRP s'exprime sur un axe dit crânio-sacré, liant les mouvements du bassin à ceux du crâne.

A l'inspir, le bassin va basculer vers l'avant et à l'expir, vers l'arrière.
Cette bascule légère du bassin entre antéroposition et postéroposition influence la bascule du sacrum, qui va ainsi tendre et relacher une membrane nommée dure-mère. Cette membrane s'insère dans le sacrum, se prolonge dans la colonne vertébrale et va remonte jusqu'à la calotte cranienne.
Les mouvements imprimés par le sacrum à cette membrane va donc agir comme un massage profond jusqu'au crâne et générer à son tour un auto-massage ostéopathique du crâne, permettant une amélioration du mouvement respiratoire primaire que nous évoquions plus haut.



On rejoint ainsi un texte d'un classique de la littérature taoïste et médicale traditionnelle chinoise, le Su Wen : "quand on respire avec la conscience du centre, le fluide subtil issu de ce centre agit sur le crâne."

Ce qui nous amène au cinquième point :

5. Agir sur le psychisme : les structures psychiques conditionnent en premier lieu les mouvements du corps en général ; ceux ci modèlent à leur tour les tissus mous et influencent les formes du corps.

Dans cette suite de dépendances la respiration sera un point d'articulation et d'équilibre entre les éléments psychiques et moteurs.
Muscles et fascias contractés sont des freins du mouvement et de la circulation du sang, donc, des sensations de bien-être.

Le Qi Gong, par les jeux des divers balancements doux qu'il propose, permet au corps de libérer les entraves de protection qui limitent, justement le mouvement profond des liquides. 
En effet, le cerveau est tout particulièrement protégé par le crâne mais également par le liquide céphalo rachidien qui s’oppose aux mouvements violents qui seraient en mesure de blesser le cerveau.
Des membranes intra-crâniennes (méninges, faux du cerveau, tente du cervelet) limitent également, par simple tension de réaction, ces mouvements.

C’est le principe d’un œuf cru placé dans un bocal. Si on remue le bocal on casse l’œuf. Si on remplit ce bocal d’eau froide il devient plus difficile de casser l’œuf. Avec de l’eau tiède et salée cela devient très difficile. Si, de plus on place l’œuf dans un sac en plastique il devient impossible de le casser sans casser le bocal. Mais cela limite le mouvement de l’œuf dans le bocal !
Par un balancement lent, rythmique et progressif on parvient à mobiliser l’œuf sans risque de le briser. 

Lorsque le corps se méfie, à juste titre, du mouvement que l’on va faire effectuer au crâne il renforce ces défenses limitant le mouvement du cerveau. Le cerveau est protégé mais immobile, voire contraint.

En habituant le corps progressivement à un mouvement non agressif, donc considéré comme non dangereux et même plaisant, il relâche naturellement ces défenses et le cerveau retrouve sa mobilité et un état de veille assez proche de celui de la méditation ou du rêve.

Et libère le mouvement du liquide (Jing) et par conséquence de l’énergie (Qi) de manière, grâce à la juste mesure, de parvenir à un résultat. Donc de s’approcher du Tao.

"C'est en parcourant le chemin que la voie se trace. 
C'est en les nommant que les choses se précisent. 
La juste mesure permet la pratique. 
Pratiquer c'est chercher à atteindre un but. 
Atteindre ce but c'est enlacer le Tao. 
Il faut simplement affirmer ce fait."
Tchouang Seu




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