dimanche 28 juin 2020

Guider et étirer son intention

Les pratiques chinoises de santé qui proposent des exercices ressemblant à des exercices de gymnastiques sont communément appelés Qi Gong.
Cette expression "Qi Gong" est assez récente.
Elle a été adoptée par décision politique dans les années 50, à l'initiative du jeune gouvernement communiste chinois de l'époque.
Mais avant les années 50, on s'aperçoit que cette expression "Qi Gong" n'existe pour ainsi dire pas. Elle est très peu utilisée, et quand elle l'est, d'autres expressions viennent la compléter afin d'enrichir son sens.


Yangsheng ("nourrir la vie") 养生. Quels liens entre Tai Chi et ...

On sait depuis la découverte de la tombe de Mawangdui en 1972 que les chinois pratiquent et transmettent ces méthodes de soin depuis au moins 2200 ans. Donc, avant les années 50, et pendant au moins 2200 ans, l'une des expressions qui décrivait ces méthodes de santé étaient yangsheng (養生/养生).
Yangsheng est l’une des nombreuses pratiques visant à préserver ou à rétablir la santé et à prolonger la vie.

Dans le Yangsheng, vont se regrouper diverses méthodes, dont l'une est nommé Daoyin.
C'est cette méthode, le Daoyin Fa Qi Gong que nous proposons d'étudier et de travailler au sein de notre association. 

Daoyin 導引 se traduit littéralement par "Guider et Étirer".

Le Daoyin Fa Qi Gong, est donc la technique (Fa) d'entretien (Gong) de la vitalité (Qi) en Guidant et Étirant (Daoyin).

Ce que l'on guide et que l'on étire, ce que l'on va accompagner avec ces exercices, c'est tout simplement notre intention.

L'intention, le Yi, permet au Qi de se manifester. Si nous n'avons pas d'intention, nous n'aurons pas d'énergie. Si je n'ai pas l'intention de me lever le matin, je n'aurai jamais l'énergie pour le faire. Si par contre mon intention est forte, puissante, alors mon énergie, même si elle est faible, pourra être mobilisée.

Il est très important de comprendre cette notion de Daoyin, de guider et d'étirer l'intention.
Cet accompagnement de notre intention va se faire du plus superficiel vers le plus profond.
En mobilisant mes articulations par les exercices de motricité fine que propose le Daoyin Qi Gong, je vais mobiliser mes muscles et mes tendons.
En coordonnant la mobilisation de mes articulations, de mes muscles et de mes tendons à ma respiration que je vais conscientiser, je vais pouvoir agir sur mon diaphragme, sur mes intestins en accompagnant ma respiration d'un mouvement abdominale plus ample.





En agissant sur mon abdomen et mes intestins, je vais agir sur l'immense champ neuronale qui s'y trouve, je vais faciliter les échanges qui s'y produisent. En sollicitant mon diaphragme, je vais solliciter mon système nerveux parasympathique, améliorer aussi mon brassage intestinal, ma régulation cardiaque...  

Le diaphragme est un muscle profond et les exercices de Daoyin vont mobiliser aussi d'autres muscles profonds, comme le psoas iliaque, l'ilio dorsal, le grand tendineux, etc... Ces muscles profonds sont responsables de l'ajustement tonique, de l'équilibre, de la représentation du corps dans l'espace, de ce que l'on va appeler la proprioception.

Cette action qui sollicite notre motricité fine et notre proprioception favorise le développement de la plasticité cérébrale, l'expansion de la connectivité des zones de notre cerveau, et de cette connectivité avec notre corps.

Il en va de même avec la respiration, qui en s'amplifiant et en étant conscientiser va nous permettre de mobiliser aussi certaines fonctions cérébrales comme la régulation de l'activité limbique liée aux hormones activées par le stress et l'anxiété, d'activer de nouveaux réseaux neuronaux, de lutter contre le vieillissement des cellules et la douleur, de développer le cortex préfrontal, zone de prise de conscience, d'empathie, de développement des neurones miroirs, etc., de favoriser une télomérase reconstructive...


C'est prouvé, méditer fait du bien au cerveau ! | Les Echos

Ainsi, d'un simple mouvement corporel combiné à un simple mouvement respiratoire conscient, on va guider et étirer notre intention et mobiliser notre vitalité à travers diverses strates de notre être, de nos muscles jusqu'à nos neurotransmetteurs, ceci afin d'atteindre cet objectif définit depuis des temps anciens : fortifier le corps, développer les sens et éveiller l'esprit.

Cet objectif de fortification du corps, de développement sensoriel et d'éveil de l'esprit nous permet de réaliser très concrètement la puissance et la force de notre existence.
Le mouvement se ralentit, puis s'arrête en apparence pour nous encourager à percevoir que l'action de ce mouvement continue en profondeur.

L'activité de nos vies s'inscrit dans une dynamique de production, d'occupations et de distractions... 
L'activité génère de la dépense énergétique, et aussi plaisante soit cette activité, aussi intense soit elle, plus intense est elle d'ailleurs, et plus notre corps s'épuise. 
C'est le principe même de la vie ! 

De nos jours certains enseignants proposent d'utiliser le Qi Gong pour obtenir du succès, réaliser des performances, accomplir des exploits... D'autres vendent des programmes de coaching sous forme d'atelier de développement personnel ou de gestion du stress.

Hors, comme nous l'avons dit plus haut, le Daoyin nous propose d'étirer et de guider notre intention jusqu'à l'extinction du mouvement extérieur afin d'aller ressentir la continuité de ce mouvement à l'intérieur.
Ralentir, ne rechercher aucune performance, quitter l'agitation de l'occupation et de la distraction pour nous relier à nous même, pour nous relier au silence, pour nous relier au mouvement intérieur, pour le ressentir, et ressentir à travers lui la puissance de notre existence... 
La question qui s'impose dans le chemin de cette découverte intérieure est la suivante : quand nos pensées ralentissent, puis s'arrêtent, quand nos mouvements ralentissent puis s'arrêtent, quand ne demeurent que le silence intérieur et l'immobilité, qui sommes nous ?


Zhan zhuang

C'est précisément dans cette immobilité et dans ce silence que nous pouvons espérer découvrir en nous la force de l'immobilité et du silence apparents de l'univers. Ainsi, exactement comme le propose la méditation ou le Yoga, le Daoyin Qi Gong permet de nous ouvrir à la vie tout d'abord, à l'existence ensuite. En ce sens, ces pratiques gymniques en apparence, se révèlent être des pratiques spirituelles dans le fond.

Le Qi est parfois décrit comme de la bio électricité ou une force électromagnétique ou un champ bioélectromagnétique ou parfois on entend qu'il s'agit d'une onde de forme qui émane du cosmos et se manifeste dans le corps de telle manière que si on l'utilise avec science on peut modifier son ADN.
Toutes ces notions se confondent et se mélangent, du pire au stupide, dans une espèce de flou dans lequel cette notion même de Qi s'éteint au détriment d'explications rances et  avariées.


ideogramme-qi-1 - Soins et Toucher

L'idéogramme Qi décrit du riz entrain de cuire dans une marmite, marmite de laquelle émane de la vapeur.
Qi se traduit par souffle, respiration, vitalité, énergie vitale.

Cette vitalité émane du Tao. 
Le Qi n'est que le mouvement du Tao, de l'univers. 
C'est tout simplement le vivant, la vie, mais aussi la perception que nous pouvons avoir de cette vie, et la façon que nous pouvons avoir de manifester cette vie à l'extérieur de nous... c'est ce qu'on appelle l'existence.


" Couvrant le ciel et portant la terre, il englobe les quatre quadrants et refend les huit directions ; s’élevant sans connaître de limites, s’abîmant dans l’insondable, il enveloppe le ciel, il enserre la terre. Il est réserve et provende du Sans Forme." Les Grands Traités du Huainan Zi

« Silencieux et vide, indépendant et inaltérable, il circule partout sans jamais se lasser. On peut le considérer comme la mère du monde entier. Ne connaissant pas son nom, je le dénomme Tao » Lao Tseu, Tao Te King, chapitre XXV

Mobiliser le mouvement et la respiration, c'est mobiliser sa vitalité.
Mobiliser sa vitalité, c'est s'ouvrir à la vie.
Avoir un outil de pratique qui permet d'entretenir sa vitalité, de développer ses sens et d'éveiller son esprit, permet de guider et d'étirer son intention de son être vers l'immensité du vivant et de l'univers pour réaliser que le microcosme de notre être peut s'harmoniser à quelque chose de plus grand, qui nous enveloppe et que les anciens appellent Tao.
Il n'y a pas là de recherche de déité ou de religiosité... 
Mais le développement d'une perception, d'une compréhension, d'une capacité à comprendre sa vie au delà du simple besoin de nourriture, de plaisir et de distraction, de comprendre au delà du sens du vivant le sens de son existence dans cet univers, et de la puissance de l'immobilité et du silence pour écouter, voir, toucher, sentir, goûter pour enfin ressentir l'immensité des informations qui nous arrivent de l'extérieur et qui nous façonnent intérieurement.

Combien de temps par jour faut-il passer dans la nature pour ne ...







dimanche 3 mai 2020

Covid19, effondrement sociétal, hydroxychloroquine et fin du monde : le business des faiseurs de peur !


Depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid19, beaucoup d’informations véhiculent sur Internet, informations parfois relayées par des professeurs d’arts martiaux, de Qi Gong et de Yoga. On voit se développer des séances de Qi Gong pour « développer son système immunitaire », on entend des enseignants d’arts martiaux nous alerter sur les dangers d’une république qui nous manipule, on entend des « maîtres spirituels » nous conseiller en ces périodes qui annoncent une fin des temps…

J’ai moi-même été récemment interpellé et sollicité pour exprimer mon point de vue sur tel ou tel sujet, afin de « dire ce que j’en pense »… Je suis déjà très étonné qu’on ait pensé à moi pour exprimer un avis sur ces thèmes là… Je ne sais pas si cela doit m’inquiéter ou me flatter…

J’ai intitulé ce post « Covid19, effondrement sociétal, hydroxychloroquine et fin du monde »… vous comprenez je pense un peu mieux maintenant pourquoi…

Il est important que je réponde, au risque de ne pas me faire des amis, voir peut être en perdre. Il est important que je le fasse afin d’aplanir les doutes, et de dire que je me sens plus inquiet que flatté que l’on ait pu penser à moi pour m’exprimer sur ces thèmes.

Je pense que l’un des gros problèmes de notre temps est justement qu’un peu trop de gens aiment bien trop souvent « dire ce qu’ils en pensent », sans malheureusement n’avoir ni les facultés intellectuelles ni les connaissances nécessaires pour pouvoir justement s’exprimer sur l’immense foule de sujets pour lesquels ils ont bizarrement tant à dire…

Je suis pratiquant d’arts martiaux et de Qi Gong et, j’enseigne humblement ces matières… Aussi donc, en quoi mon avis sur le Covid 19, la gestion gouvernementale de la crise sanitaire, les déclarations sur la chloroquine ou mon avis sur le fait que les chinois aient intentionnellement déversé le Covid sur le monde, peut il être (mon avis) éclairé, informé, argumenté et servir de quelconque référence à qui que ce soit ?

Je pense pour ma part, que notre époque souffre d’une immense déficience d’intelligence, que nous avons produit la société qui nous convient, basée sur la distraction et le culte de l’individualité, et que malheureusement, nos cerveaux sous alimentés intellectuellement, gavés d’émissions les plus stupides les unes que les autres, de jeux qui dérèglent nos rythmes de vie, entraînés à émettre des avis qui ne dépassent pas 140 caractères, incessamment agressés par un besoin de reconnaissance sociale identifiée non plus par un sourire, une embrassade ou une poignée de mains, mais par des « like » sur les réseaux sociaux, que ces cerveaux donc se cantonnent à l’essentiel et au fondamental : les émotions !
Impérieusement guidés par nos émotions, nous ne réagissons que sous forme d’impulsions et de compulsions, et comme la peur est l’émotion la plus propice à notre survie en tant qu’espèce menacée, c’est elle qui le plus souvent motive nos avis.

Je n’ai pas d’avis à donner sur le Covid 19, sur les laboratoires chinois, sur la guerre civile à venir et encore moins sur le retour d'un bouddha messianique !
Pour avoir un avis à donner sur ces sujets, il faudrait que je fasse des études en virologie, que je me déplace jusqu’en Chine afin de voir réellement les conditions de sécurité des laboratoires, que je fasse des études en économie, en géopolitique, en histoire et en stratégie, et qu’enfin, concernant l’éventuel révélation messianique, que je fasse à minima des études en histoire des religions.

Je suis atterré quand j’entends des personnes argumenter sur tous ces thèmes, donner leur avis à grand renfort de citation de tel livre dénonçant des complots d’état, ou tel livre sur la spiritualité qui dévoile un plan cosmique et divin ou de tel rapport qu’ils ont lu sur Internet mettant à jour des failles scientifiques sur tel ou tel sujet…

Il n’y a plus de réserve, il n’y a plus de décence, il n’y a plus de réfutation ou simplement d’esprit d’analyse.

Ces gens n’ont aucune compassion, aucun amour de la vérité ! 
Ils s’en fichent de l’impact de leurs mots, de leurs écrits, de leurs vidéos ! Ils se moquent de savoir si ce qu’ils vont véhiculer comme information va détruire la vie d’une personne ou de mille…

Seul compte pour eux la peur !

Leur peur, votre peur, la peur qui alimente leurs récits, leurs lectures du monde, leurs besoins de trouver un moyen d’existence, de reconnaissance, de statut social, d’être enfin écoutés parce que « je l’avais dit ! » !

Leur cerveau est tellement saturé d'hormones lorsqu'ils parlent de tout cela !  
Enfin, ils sont à l’égal de Dieu : ils en connaissent les plans !
Enfin, ils sont à l’égal des grands de ce monde, des hommes politiques, des ultra-riches : ils ont percé leur manipulation au grand jour !

Ils savent ! Ils savent que Bill Gates veut tuer la moitié de la population mondiale ! Ils savent que les campagnes de vaccination en Afrique ont été menées pour stériliser les jeunes africaines ! Ils savent que telle ou telle organisation prépare un Nouvel Ordre Mondial ! Ils savent, ils savent, ils savent !!!! Ils savent tant de choses… Mais réfutent tout argument contraire du simple et éloquent : « si tu n’es pas d’accord avec moi, c’est que tu es avec eux ! »

Vous l’aurez compris, je n’ai pas à dire ce que je pense sur le Covid19, la fin du monde ou le retour d'un bouddha…
En tant qu’enseignant d’arts martiaux, je peux juste vous dire : entraînez-vous pour parfaire votre technique et pour renforcer votre mental contre la peur.
En tant qu’enseignant de Qi Gong, je peux juste vous dire : entraînez-vous pour nourrir votre vitalité, votre énergie et avoir un esprit apaisé, qui ne se laisse pas troublé par la peur.
En tant que passionné de philosophie taoïste, je peux juste vous dire : réfutez les discours qui troublent vos énergies et vous font oublier la Voie immuable en diffusant la peur dans votre conscience.

Lisez, cultivez-vous !!!
Acceptez de lire, d’écouter, de comprendre des discours rationalistes, universalistes, cultivez en vous ce désir de rationalisme et d’universalisme !
Ne vous alimentez pas des discours qui ne vont satisfaire que votre égo, que vos certitudes ! 
Vos certitudes ont déjà tout compris. Il faut les confronter aux doutes. Si vos certitudes sont vraies, elles ne seront pas mises à mal ! N’ayez donc pas peur alors de les confronter, de les bousculer, de les voir rencontrer d’autres certitudes !
Ne lisez pas ou n’écoutez pas le commentaire de celui qui connait celui qui connait celle qui connait celui qui connait celle qui connait celui qui… 

Si vous vous intéressez aux virus, aux vaccins, lisez des études scientifiques émis par des journalistes scientifiques, ou par des spécialistes. Si vous ne comprenez pas les termes, acheter un dictionnaire, renseignez vous, posez des questions à votre médecin de famille, ou votre pharmacien. 

Quittez l'univers de la peur et du doute ! 
Faites du bien à votre raison, à votre cerveau, à votre corps, à votre vitalité !

En tant que passionné de philosophie bouddhiste, je vous renvoie à un discours du Bouddha, qui exprime bien mieux que je ne le ferai jamais, l’attitude à préserver en ces temps étranges où « tant de gens ont tant à dire » :

Karaniya Mettā Sutta
Hymne de l’amour universel

Voici comment devrait se comporter
Celui qui a développé des qualités de bonté
Et qui connaît la voie de la paix.
Qu'il soit appliqué, honnête et droit, direct et doux dans ses paroles.

Humble et sans prétention,
Satisfait et aisément contenté.
Qu'il ne se laisse pas submerger par les obligations
Et demeure frugal.

Qu’il soit paisible, maître de ses sens, naturellement discret, sans exigences.
Et qu'il ne fasse rien que les sages, plus tard, pourraient désapprouver.
Qu’il médite ainsi : « Prenant moi-même refuge dans le bonheur et dans la paix,
Je souhaite que tous les êtres soient heureux et en paix. 

Que tous les êtres vivants, quels qu’ils soient,
Les faibles comme les forts, tous sans exception,
Les grands et les puissants,
Les moyens et les petits,

Visibles et invisibles,
Proches et lointains,
Nés et à naître,
Que tous les êtres soient heureux et en paix !

Que nul ne trompe autrui,
Ni ne méprise aucun être, quel qu’il soit.
Que nul, par colère ou aversion,
Ne souhaite de mal à autrui. 

Comme une mère,
Au péril de sa vie,
Protège son enfant,
Son unique enfant,

Ainsi doit-on ouvrir son cœur à l’infini à tous les êtres vivants,
Rayonner la bienveillance envers le monde entier :
Ouvrir son cœur dans toutes les directions,
En haut, en bas et tout autour, sans limites,

Libre de toute haine et de toute aversion.
Que l’on soit assis, debout, en marche ou couché,
Tant que l’on est éveillé, on doit toujours être fidèle à ce souhait.
C’est ce que l’on appelle
« Demeurer dans un état divin, ici et maintenant ».

Sans se laisser piéger par des croyances erronées
Celui qui a le cœur pur, qui voit la vérité ultime des choses
Et qui s’est libéré de tous les désirs sensoriels,
Ne reprendra plus jamais naissance dans ce monde.





 


jeudi 2 janvier 2020

ça fait quelques années déjà !

En 2003, l'un des stages auquel je participais après déjà 4 ans d'étude et qui délivrait des attestations de formation :

En 2004, mon diplôme d'enseignant de l'école San Yi Quan :


En 2005, organisation d'un stage de pratique avec Georges CHARLES à Bergerac :


Puis en 2006 :



En 2007, on remet ça :


Et je suis aussi admis à l'UFPMTC (Union Française des Praticien en Médecine Chinoise Traditionnelle) :



En 2008, on remet encore ça (en Qi Gong et Arts Martiaux) et en 2009, je passe la main, toujours sur Bergerac, à une association amie des Arts Classiques du Tao (mais mon école participe ! 'Faut pas déconner quand même !!!) :


Et depuis et bien... ça continue, comme en 2017, à Grand Champ :






dimanche 29 décembre 2019

Shen Gong Wu Wei : la méditation taoïste

La méditation taoïste à travers le Shen Gong Wu Wei 


Introduction

Avant toute chose, je précise que je ne suis ni élève ni maître. 
Au risque de faire grincer des dents, je ne détiens aucun diplôme en méditation taoïste.

Ce qui me confère une légitimité pleine et entière pour présenter cet article, c'est que je suis avant tout un pratiquant.
Je pratique depuis 31 ans. 
J'ai étudié une première méthode de méditation d'obédience bouddhiste et taoïste en 1988 (méthode Xuât Hôn), puis j'ai découvert les pratiques d'une école taoïste en 1999 (Lingbaoming xiaodan pai : école de la petite réalisation du joyau sacré). J'ai étudié la médecine chinoise traditionnelle pendant trois ans (académie Wang de MTC), le Reiki (méthode Usui) et les méthodes Shinto à l'origine du Reiki.

Ce qui confirme ma légitimité à présenter cette méthode de méditation, c'est que justement, je ne suis pas isolé dans une montagne ou dans un temple.
Je mène une vie active ; j'ai une vie sociale, familiale, sportive, associative, professionnelle... et surtout, je pratique !

Plusieurs choses m'ont décidées à rédiger cette présentation de ces arts si mal connus.

1. Je peux lire sur Internet beaucoup de choses fausses sur la méditation taoïste. Qu'il faut apprendre à faire le vide en soi, par exemple. Or, on ne fait pas le vide en soi. Notre cerveau génère 60 000 à 80 000 pensées par jour ! Ce serait présomptueux d'y faire le vide... A moins d'être rattaché à des tuyaux et de baver en se déféquant dessus, ça me parait toujours bizarre de vouloir faire le vide dans ce qui nous sert à penser, ressentir, analyser, rêver, construire des projets, etc.
J'ai pu lire aussi que la méditation taoïste doit nous aider à abandonner notre ancienne vie, à nous purifier ! Comme si la vie était impure... C'est mal comprendre les grands penseurs taoïstes et le Tao en lui-même !

2. J'ai découvert ces arts alors que j'étais encore jeune. Encore trop jeune peut être... J'ai eu la chance de découvrir ces arts avec un enseignant qui se comportait comme un véritable maître de secte. Cela a été une grande chance, vraiment ! Parce que maintenant je ne me fais plus avoir.
La méditation taoïste ne traite pas de la fin du monde. Ni n'interdit d'avoir une vie sexuelle. Ni n'interdit rien du tout d'ailleurs. C'est une pratique... qui se pratique. 
Personne n'a à vous dire comment vivre votre vie, ou comment la refréner. Pratiquez avec discernement, peut être avec un peu de retenue lorsque vous débutez... Mais surtout, cherchez à comprendre ! Ne vous contentez pas d'une explication, aussi merveilleuse qu'elle puisse être, surtout si elle flatte votre égo. Lisez, cultivez vous, n'ayez pas peur de contredire et laissez vos préjugés derrière vous !
La méditation taoïste n'a pas pour objectif de faire de nous des supers humains. Elle est juste là pour nous montrer combien être humain est super ! Qu'il nous faut vivre cette vie à 100 %... Pas à moitié ! Et qu'est ce que vivre une vie d'être humain à 100 % ? C'est vivre cette vie en pleine conscience et en pleine présence ! Et c'est tout à fait ce que propose la méditation des praticiens du Tao.

3. Ces arts anciens ne se marchandent pas. La pluie et le soleil sont pour tous les êtres humains. La vie est pour le vivant. La vie est un processus autodidacte : on l'apprend en la vivant ! Personne n'a le droit de revendiquer le fait qu'il faille payer pour étudier la méditation. Pour ma part je transmets ce que j'ai appris gratuitement, car c'est tout aussi gratuitement que je l'ai reçu.

Bonne découverte à vous ! 

Les éléments théoriques


Shen Gong Wu Wei peut se traduire par "Travail de l'Esprit par le Non Agir".

Il s'agit d'une pratique taoïste en position assise de travail dit intérieur ou interne (Nei Gong).
A l'instar du Qi Gong, qui propose de faire circuler harmonieusement le Qi (l'énergie) dans le corps, le Shen Gong (litt. : travail de l'esprit), propose de faire circuler harmonieusement l'énergie de l'esprit, le Shen.

Le Non Agir, indique un état qui contient toute la potentialité d'action, comme Wuji, le Sans Forme, indique une potentialité d'émanation de toutes les formes. A l'image du tir à l'arc, une fois que l'on a positionné la flèche, qu'on a bandé l'arc, qu'on a visé la cible et maintenu la tension de la corde, il convient de faire la chose la plus essentielle du tir à l'arc, c'est à dire libérer la tension de la corde et libérer la flèche.
Cette libération permet à l'archer d'exprimer sa maîtrise. Il ne fait plus rien, pourtant cette action de non-agir contient la somme de tous ses efforts et de toute son attention.


La pratique de la méditation taoïste consiste à unir l'essence (Jing), le souffle (Qi), l'intention (Yi) et l'esprit (Shen) au sein d'une fusion interne (Nei Lian : purifier par le feu, affiner un métal, épurer, raffiner) afin de produire un changement, une transformation (Hua).



Ce travail renvoie pleinement au travail dit "d'alchimie intérieure" (Nei Dan) afin d'aboutir à "la clarté du Joyau Magique" (Lingbaoming).

Le travail est intérieur, donc, et il est question ici de produire un cristal (Bao), un joyau et d'en révéler la clarté (Ming). La lumière pénètre de l'intérieur et se diffuse vers l'extérieur. Elle émane de l'intérieur de l'être et clarifie sa conscience...

"Qui sait sans agir clarifier l'obscur ? 
Et en agissant rester impassible ?" Lao Tseu - Tao Te Ching, chapitre 15.

La méditation taoïste est une action au centre de soi (médius axio - agir au centre) qui rend vivant les préceptes du Tao. Il y a donc d'un côté l'assise spirituelle et de l'autre les activités du quotidien. Assise et activités quotidiennes se rejoignent dans un même état d'esprit. L'un et l'autre s'épaulent et se renforcent mutuellement.

"Ainsi, le Sage, en son intérieur, soigne sa racine,
Mais à l'extérieur n'embellit pas l'extrémité de la tige ;
Il conserve ses essences et ses esprits,
Écartant de lui l'habileté et les opportunismes.
Retiré en lui-même, il se refuse à agir
Et il n'est rien qui ne se fasse ;
Indifférent, il est là sans gouverner
Et tout se trouve gouverné.

Ce que j'appelle "ne pas agir",
C'est ne pas devancer le mouvement des êtres ;
Ce que j'appelle "rien qui ne se fasse",
C'est que l'agir s'appuie sur le mouvement des êtres ;
Ce que j'appelle "sans gouverner",
C'est que le naturel ne soit pas altéré ;
Ce que j'appelle "tout se trouve gouverné",
C'est s'appuyer sur l'affinité mutuelle des êtres."
Les grands traités du Huainan Zi


Le savoir faire de cette réalisation méditative vise à permettre à l'esprit du pratiquant de transformer ce qui est lourd, sombre et grossier en ce "cristal-esprit" (Bao) qui est clair, subtil, lumineux et harmonieux.
Le cristal-esprit est l'outil qui permet alors au pratiquant d'y faire pénétrer sa lumière intérieure afin d'élargir le spectre de sa conscience, comme un prisme le fait avec la lumière, et de transformer cette lumière et son esprit en quelque chose de plus vaste, de plus riche, de plus subtil et diversifié.

"La pensée de l'homme du commun qui n'a pas encore agrandi son esprit est enfermée dans les limites étroites de l'entendre et du voir" Zhang Zai (1020 - 1078)

Les traités taoïstes exposent le processus d'utilisation du souffle pour transformer ainsi son être intérieure et sublimer sa conscience en une conscience plus vaste, plus présente, plus lumineuse, plus subtile. "Tout corps participant à une action cyclique prolongée et répétée, se transforme en se purifiant"

Il convient de libérer l'esprit afin de mobiliser l'intention et d'éveiller la sensation.

Libérer l'esprit c'est parvenir à ne plus être écrasé ou ballotté en tous sens par les flots impétueux des pensées qui vagabondent dans toutes les directions. C'est arriver à regarder ses pensées, à en être pleinement conscient, à observer comment elles s'organisent entre elles pour créer des formes illusoires, et prendre conscience que ces formes s'alimentent de ce qui est négatif, anxiogène et déprimant.
Libérer l'esprit, c'est forger le cristal-esprit pour qu'il dirige la lumière de la conscience sur nos pensées et qu'il nous permette de comprendre pourquoi nous créons toutes ces pensées et pourquoi elles deviennent pour nous comme des réalités tangibles.

La méditation taoïste propose avant toute chose de s'ancrer dans une action cyclique (Zhou Dong) par le biais de la respiration afin d'arriver à une transmutation (Hua).
Diverses méthodes de respirations cycliques seront développées par les praticiens du Tao.



Le Shen Gong Wu Wei met à disposition du pratiquant trois types de respiration, qui sont toutes trois des respirations cycliques sans rétention de souffle. La respiration est à chaque fois plénière, c'est à dire qu'elle mobilise les Trois Foyers (le foyer inférieur - l'abdomen - , le foyer médian - la poitrine - et le foyer supérieur - la tête). 

Le Qi, ainsi conduit par la respiration, franchit successivement les "étages énergétiques" décrits par les taoïstes sous les noms de Champ de Cinabre Inférieur (Xiabu Tantien), Champ de Cinabre Médian (Zhongbu Tantien) au niveau de Qiangong (coeur) et le Champ de Cinabre Supérieur (Shangbu Tantien), de manière à atteindre le Niwangong situé au centre de Mingtang (au centre du crâne).

Niwan n'est autre (à l'instar de Dhyâna pour le Zen) que la prononciation chinoise du terme indien Nirvâna.
Ce terme se traduit littéralement par "extinction", terme que l'on retrouve aussi dans le 36eme hexagramme du Yi King, Ming Yi, l'obscurcissement de la lumière.
C'est la lumière parvenue à son achèvement.
C'est, suivant le Ricci "l'obscurcissement, moment où ce qui est lumineux se voile en pénétrant dans l'obscur mais y exerce son influence".



Cette extinction diffère donc totalement du néant ou du vide, qui pourrait justifier une inaction.
Méditer, comme nous l'avons déjà précisé, étymologiquement, c'est agir au centre. Comme la méditation se trouve au cœur de l'action, l'extinction du Niwan se trouve au cœur de la conscience et permet de purifier cette conscience jusqu'à sa fusion dans l'univers ou le cosmos, donc dans le Tao.

Purifier n'est pas à entendre ici avec une notion de bien ou de mal, et à opposer donc avec un esprit qui serait impur, comme salit par un quelconque péché.
La purification recherchée est bien celle que recherche le joaillier en taillant une pierre précieuse pour la sublimer.

C'est, comme le proposait le Maître Morihei Ueshiba "faire de sa conscience le cœur de l'univers". De ce fait, Xinshen (coeur esprit), la conscience, et Niwan (le Nirvâna) sont les deux aspects d'un seul et même état de réalisation.

La pratique

La pratique du Shen Gong Wu Wei se compose :

1. d'un exercice de préparation mentale pour diriger son esprit vers les principes de lucidité et sérénité, de compassion et d'altruisme et de joie enthousiaste. C'est un exercice d'apaisement de l'esprit pour stimuler des pensées positives afin de favoriser une métacognition. On utilise des mantras, des formulations sonores qui restent mentales et qui permettent d'installer l'esprit dans l'état méditatif, propice à l'attention nécessaire sur les pensées en général.
L'un des mantra utilisé fait référence par exemple à "La Grande Lumière de l'Esprit" pour le principe de sérénité/lucidité ou un autre à "La Grande Vertu de Compassion envers tous les Êtres".

2. d'un exercice d'acupression nommé : "contempler son esprit comme dans un miroir". Il va stimuler l'axe entre les conduits auditifs (porte des vents dans la terminologie taoïste) et les canthus (commissures des paupières) ainsi qu'un point d'acupuncture hors méridien nommé Tai Yang (Grand Yang). 
L'objectif de cet exercice est de mobiliser le Qi pour "faire surgir la lumière afin de se mirer comme dans un miroir", et donc de mobiliser l'énergie sur le point d'acupuncture hors méridien inter sourcilière Yin Tang, et sur le point d'acupuncture Baihui.




Les points d'acupuncture ici sollicités racontent une histoire : Tai Yang, c'est le Grand Yang, la grande luminosité. Tai a même un sens plus puissant que grand ; on peut dire de Tai Yang que c'est la Lumière plus grande que grande.
Tai Yang, c'est aussi l'origine du Yang qui va devenir le Ciel et incarner la lumière céleste.

Le point Yin Tang a de nombreuses traductions : cavité originelle de l'esprit, œil du ciel, palais de la vie, palais de l'esprit, palais du Niwan, étang du lotus supérieur.

Baihui, c'est les 100 réunions, c'est le point d'acupuncture le plus haut du corps humain, au sommet du crâne, et on l'appelle aussi dans le Lotus Céleste, ou le Lotus aux 1000 pétales.

La grande lumière portée sur le palais de l'esprit permet d'éclairer l'étang du lotus supérieur afin de permettre l'épanouissement du lotus aux 1000 pétales et l'ouverture de la conscience. Cette ouverture de la conscience, cette clarté révélée à l'intérieur de l'être, illumine Yin Tang, le point d'acupuncture entre les sourcils.

Ce point correspond bien évidemment au " troisième oeïl " des pratiques indo-tibétaines.

Dans les formes japonaises du Shinto (voie des Esprits), il s'agit de Iwato Biraki ou "ouverture de la porte du rocher".

Le Kojiki (Chronique des anciens Dits) explique que la déesse du soleil, Amateratsu Omikami, en colère contre son frère Susano No Mikoto qu'elle juge trop violent, se réfugie dans une grotte, plongeant ainsi le monde dans l'obscurité. 
Les autres divinités utilisèrent un stratagème magique qui consista à danser et à chanter, comme l'explique le caractère chinois Ling (Ric. 3187), qui se dit Reiki en japonais, puis à présenter un miroir devant la grotte.
La déesse, intriguée, entrouvrit "la porte du rocher", se vit dans le miroir et sortit afin de savoir qu'elle était cette lumière.
Le ciel et la terre furent à nouveau éclairé.

Cet exercice d'acupression et de concentration est une première étape importante du Shen Gong Wu Wei, car il permet selon la tradition de fortifier l'énergie vitale du pratiquant tout en clarifiant l'esprit, d'agir sur la glande pituitaire et de favoriser le travail énergétique thérapeutique des points nommés ci-dessus.

Guidant la Grande Lumière (Tai Yang) vers l'étang du Lotus Supérieur (Yin Tang), il fait se réunir au sommet du crâne les trois énergies (Jing, Qi et Shen) et permet l'ouverture du Lotus aux 1000 pétales (Bai Hui).

3. des méthodes de respirations cycliques, trois au total : l'une se focalise sur un axe "sommet du crâne - zone lombaire" afin d'apprendre à solliciter la respiration abdominale. Sur l'inspire, on gonfle le ventre, et sur l'expire on mobilise le corps dans sa globalité.

La seconde forme de respiration est une respiration qui sollicite l'abdomen et la poitrine avec un prolongement de la sensation d'inspire et d'expire jusqu'au sommet du crâne.

La troisième forme de respiration est une respiration dite de plénitude de l'énergie, où l'on respire (inspire et expire) avec la globalité de son corps.

4. d'un exercice de contemplation : l'objectif ici est de clarifier l'esprit afin de réaliser la Pure Clarté (Qing Ming) pour permettre l'émanation de l'Harmonie Suprême (Tai He).
Le pratiquant s'installe patiemment dans le silence afin de travailler sa respiration (Huxi) afin de transformer (Hua) le vulgaire en subtile et de faire émerger une conscience vaste et sereine, capable d'embrasser le Tao.
C'est une cheminement long, un travail de pleine conscience et de pleine présence.

5. d'exercices d'automassages et de gymnastique de santé (Qi Gong) pour quitter l'assise et reprendre ses activités, mais aussi pour entretenir la bonne santé afin de mieux pratiquer l'assise.


"Seul l'illuminé sait que la compréhension mène à l'unité, aussi rejette t-il ses préjugés pour s'attacher à la juste mesure. 
La juste mesure permet la pratique, la pratique amène un résultat, le résultat représente le succès. 
Parvenir au succès est proche du Tao. 
Il faut affirmer les faits."
Tchouang Seu - II - La réduction ontologique.






samedi 28 décembre 2019

La méditation comme voie d'édification du bonheur



Méditation...

L'étymologie latine commune de méditation est méditari, qui signifie "préparation (à un discours, à écrire)" / "réflexion profonde".
Il est intéressant néanmoins de regarder la combinaison toujours latine de ce mot, à partir de son radical et de son suffixe : médio stare, pour méditer, soit se tenir (stare) au centre (médio) ; médius axio, pour méditation, soit dans ce cas agir au centre.

Lorsque les premiers prêtres jésuites missionnaires entrèrent en contact avec l'Inde, la Chine ou le Japon, ils ne choisirent pas au hasard de traduire par exemple le mot sanskrit Dhyana par méditation, car étymologiquement Dhyana (qui désigne l'ensemble des pratiques méditatives immobiles) signifie justement aussi "agir au centre".

Cette action au centre de soi, ou se tenir au centre de soi, permet de relier son esprit à ses actions, et donc de prendre conscience de l'action de son esprit à l'intérieur de soi, mais aussi de cette action à l'extérieur de soi.

Or, relier son esprit à l'action, c'est bien le sens étymologique de la respiration (re spir axio - relier l'esprit à l'action). Et la respiration est bien la combinaison de l'inspiration (l'action de l'esprit à l'intérieur - ins spir axio) et de l'expiration (l'action de l'esprit à l'extérieur - ex spir axio).

On voit bien là, au delà des cultures, des peuples et des pensées, une unité humaine qui témoigne de sa sagesse : respirer favorise une action au centre de son être et méditer (agir au centre de soi, ou se tenir au centre de soi) prend comme outil de travail la respiration.

Cela permet une culture mentale, un Bhavana, si on le dit en sanskrit et que l'on fait référence à l'hindouisme ou au bouddhisme.
Cette culture mentale a pour objectif de permettre au pratiquant d'atteindre un état de quiétude, de paix intérieur, nommé Samatha.
Les exercices permettant spécifiquement cette culture mentale en vue d'atteindre cet état de quiétude s'appellent des Vipassana (litt. exercices de la vision juste ou de la juste vision des choses).

Pourquoi parle t-on aujourd'hui tant de pleine conscience ? 
C'est tout simplement parce que dans le bouddhisme, le texte fondateur ou le discours du bouddha historique qui traite de cette culture mentale favorisant la quiétude s'appelle le discours pour l'établissement de la pleine conscience : Satipattahna Sutta.

L'attention (Sati) ou le Pleine Conscience y est étudiée et détaillée sous quatre aspects distincts : 
- L'attention ou la Pleine Conscience relative au corps, avec notamment le travail de la respiration
- La pleine conscience relative aux sensations
- à l'esprit
- et enfin aux formations mentales.

Alors que notre monde moderne contemporain est tellement enclin à permettre aux êtres humains de cultiver leur "bien-être", la méditation nous renvoie à l'art de cultiver notre être pour qu'il soit bien. 

Bien être... Être bien... Il s'agit ici d'apprendre à différencier le plaisir et le bonheur, l'éphémère et le permanent.

Miser sur le fait que le bonheur est une somme de plaisirs, c'est inévitablement alimenter un cercle vicieux au travers duquel chaque plaisir prenant fin, commencera alors une quête de nouveaux plaisirs, avec une surenchère évidente d'ivresse, d'intensité... 

Il convient dans cette conception du "bien-être" de pouvoir avoir sa séance de massage hebdomadaire, sa télé 4k, ses abonnements à divers services de streaming, ses repas au restaurant, sa séance mensuelle de ciné, sa musique à la demande, sa maison avec l'entrée bitumée pour ne pas salir les roues de son SUV, etc, etc... Avoir, avoir, avoir... pour exister !

Ce qui est antinomique ! Avoir pour exister... Là encore, intéressons nous à l’étymologie latine du mot existence : Ex Sistere, sortir de, se manifester à...
Serait ce donc par la somme de nos possessions, de nos avoirs, que nous pouvons nous manifester aux autres ? 
Puisque nous parlons bien là encore d'un mouvement qui va de l'intérieur vers l'extérieur, qu'avons nous réellement à offrir, à manifester au reste du monde, si ce n'est ce qui s'est édifié à l'intérieur de nous ? 

Nous sommes une somme d'expériences, de mémoires additionnelles, physiques, intellectuelles, émotionnelles, psychiques... N'est ce pas par la somme de nos vertus, de notre capacité à la bienfaisance et à la bienveillance, par la somme de nos états d'être bienveillants, que nous nous manifestons le plus agréablement aux autres ?

Nous pouvons faire le choix de vivre dans la colère, l'agacement, la jalousie, l'estime de soi, la convoitise... Mais quel étrange bonheur construisons nous là ? 

Être bien, structurer en soi sa capacité au bonheur nécessite une force d'esprit, une volonté, une rectitude, une discipline qui ne peut se faire que par la culture de notre esprit. Il n'y a aucun entrainement spécifique à mener pour être agressif, jaloux ou énervé. Par contre, il y a un entrainement évident à mettre en place pour maintenir en soi une paix intérieure et un esprit altruiste et aimant.

Lorsque nous sommes sous l'empire de nos pulsions et de nos compulsions, notre bien-être se constitue de la somme de nos plaisirs. L'Autre peut devenir un empêcheur de tourner en rond, il peut limiter le temps de nos plaisirs, il peut menacer nos plaisirs, il peut demander à les partager.

Pratiquer la culture mentale permet de sortir justement de cette domination de notre être par nos pulsions et compulsions. On peut apprécier un bon repas, un délicieux vin, mais ce repas sera gâché si nous le partageons qu'avec des personnes que nous n'apprécions pas.
A l'inverse, un simple paquet de chips et une tranche de jambon sera un festin si nous les partageons avec nos amis ou notre famille.

Le plaisir est impermanent, éphémère et capricieux.
Je ne peux pas faire reposer mon bonheur sur des possessions. Ma voiture, ma maison, ma montre qui coûte trois fois le salaire d'un ouvrier, mes habits que j'achète de façon compulsive, etc., tout cela peut être important dans ma vie, mais toutes ces choses extérieures sont impermanentes.
Si mon bonheur ne tient que sur ce qui est à l'extérieur de moi, alors lorsque cet extérieur change, se dégrade ou disparaît, mon bonheur devient fragile ; lui aussi change, se dégrade ou disparaît.

Le bonheur est à l'opposé de cela, et n'exclut pas la notion de plaisir, mais n'en n'est pas dépendant. Un événement douloureux pourra nous plonger dans une profonde tristesse, sans toutefois remettre en question le sens de notre existence et notre bonheur.

Dans le bouddhisme, le bonheur résulte de l'empathie, de la bienveillance, de l'altruisme, de la compassion et de l'amour. La méditation permet d'appréhender en soi l'influence des événements de la vie sur notre mentale afin de développer notre capacité à la résistance, voir à la résilience, en tout cas à l'adaptation !

Le stress, cette maladie de notre monde moderne, se définit de la façon suivante :

"Agression de l'organisme par un agent physique, psychique ou émotionnelle entraînant un déséquilibre qui doit être compensé par un travail d'adaptation" Docteur Hans Selye - 1936 - université de médecine de Montréal, Canada.

Le mal être résulte de cette incapacité à l'adaptabilité. 
Plus notre égo est débordant, impérieux et exigeant, moins on s'adapte. 
Hors l'égo n'est pas l'être... et le plaisir n'est pas le bonheur !

Il s'agit de pouvoir retrouver notre présence au centre de nous même, remettre de la conscience dans nos pensées, comprendre que nous créons en nous des agrégats de pensées, qui prennent forme, qui prennent vie, et que nous pouvons donner naissance en nous à des petits monstres intérieurs d'égoïsme, de colère, de suffisance, de condescendance, de jalousie, de mesquinerie, de rumination intellectuelle, ... et que ces "monstres-pensées" peuvent prendre toute la place de notre raisonnement, confinant notre conscience et notre capacité au bonheur dans une zone d'ombre alors inatteignable. 


Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse, mais fais à autrui ce que tu aimerais qu’il te fasse, ceci sans s’opposer à son intention » (Li Ji) « Livre des Rites » - Confucius


Perdu en mer, un homme ne distingue plus l'Est de l'Ouest ;
Mais il lui suffit de trouver l'étoile Polaire pour se repérer.
La nature de l'homme est son étoile polaire :
Qu'il se considère lui-même
Et il ne perdra rien des dispositions propres des êtres ;
Sans ce regard sur soi,
Au moindre choc, il est profondément perturbé.
C'est comme de se baigner à Longxi :
Plus on s'agite, plus on s'enfonce.      Traité du prince de Huainan












dimanche 1 décembre 2019

Du Qi Gong à Grand Champ, dans le Morbihan

J'avais eu l'opportunité d'animer des cours de Qi Gong sur Grand Champ en 2016 / 2017, mais à cause de créneaux horaires défavorables, je fus contraint d'arrêter ces cours.

La mairie a développé de nouvelles salles, et je peux donc profiter d'un créneau beaucoup plus favorable, à savoir le jeudi soir, de 19h30 à 20h30, toujours à Grand Champ (56).

Les cours commenceront le jeudi 16 janvier 2020.

Au programme

Kai Men Shi : travail d'ouverture des Portes de la Pratique

Tai Su Qi Gong : travail énergétique du Grand Flux

Exercice énergétique de la grande tonification organique

Exercices des Yi Yin Fa (techniques de pré-nutrition de l'Interne)

Les Huit Pièces de Brocard 

Le jeu des Cinq Animaux

...

Si vous souhaitez plus d'informations, vous pouvez me joindre au 06.63.87.95.12 ou par mail : contact@emteo.org




L’attitude juste envers un maître et la pratique

  Dans les arts martiaux traditionnels d’Asie, la relation entre l’élève et l’enseignant ne repose ni sur la soumission aveugle ni sur une...