dimanche 16 août 2020

Le Qi, le Tao... et diverses autres notions...

Comprendre comment fonctionne le Qi… simplement ?

De façon caricaturale, deux écoles s’affrontent dans l’hémicycle : l’une qui défend une pensée magique, voir ésotérique, l’autre qui au contraire, cherche à tout prix une explication            rationnelle et surtout scientifique. Pour les uns, le Qi Gong peut se ranger dans la même boite que le magnétisme, la radiesthésie, le reiki, etc.

Pour les autres, il faut au contraire passer chaque exercice au crible des prises de sang, de l’imagerie médicale, des scanners, et peut être trouver du lien avec la médecine allopathique, l’électromagnétisme, la physique quantique, etc…

La notion de Qi devient alors soit obscure, soit incompréhensible, alors qu’en fait elle se compose simplement de beaucoup de sagesse populaire, d’observation de la nature et de pragmatisme empirique.

Faisons la lumière sur tout cela...

 Le Tao 道 ou Dào

C’est la première notion essentielle dans la conception chinoise de l’univers et de la place de l’être humain dans cet univers. Pour faire simple, on peut dire que le Tao est un mot désignant… tout : l’univers, le ciel et la terre, et philosophiquement tous les liens possibles entre le ciel et la terre (les saisons, la vie, le temps, l’infiniment grand et l’infiniment petit, les équilibres de cet univers, ses déséquilibres, les processus correctifs en cas de déséquilibre, etc…)

« Couvrant le ciel et portant la terre, il englobe les quatre quadrants et refend les huit directions ; s’élevant sans connaître de limites, s’abîmant dans l’insondable, il enveloppe le ciel, il enserre la terre. Il est réserve et provende du Sans Forme. » Les Grands Traités du Huainan Zi

« Silencieux et vide, indépendant et inaltérable, il circule partout sans jamais se lasser. On peut le considérer comme la mère du monde entier. Ne connaissant pas son nom, je le dénomme Tao » Lao Tseu, Tao Te King, chapitre XXV

Le Yin 陰 et le Yang 陽

Ce sont deux termes qui signifient littéralement l’ubac et l’adret (le côté de la montagne non exposé au soleil et le côté exposé à la lumière).

Liés ensemble sous la forme du symbole dit du Tai Ji (Grand Faîte), ils expriment la globalité du Tao et un dynamisme qui se manifeste au travers de quatre modalités distinctes : l’opposition, l’engendrement, l’alternance de la croissance et de la décroissance, le principe de transformation mutuelle. Ce dynamisme concerne alors tous les    aspects du Tao (le jour, la nuit, le chaud, le froid, les saisons, la lune, le soleil, la croissance, la décroissance, etc.)

Le Qi 氣 

Il s’agit du principe vital, ou du principe de vitalité. Il y a dans le mot Qi une indication de mouvement, d’énergie...

« Le Qi s’arrête là où commence la forme, sauf si celle-ci est animée d’un mouvement » ; « Le Qi, c’est tout ce qui est en mouvement et qui ne se voit pas ».

Un corps déserté par le Qi est un corps mort. Un corps animé de Qi est un corps vivant. La sagesse populaire préconise donc en toute logique qu’il vaut donc mieux entretenir son Qi…

Entre plénitude et vide, chaleur et froid, sécheresse et humidité, catabolisme et anabolisme, appétit et inappétence, constipation et diarrhée, hyperactivité et hypoactivité, les divers dynamismes du Yin et du Yang alternent au cours de notre existence, affectant ou renforçant notre principe vital, notre Qi.

 San Bao 三宝 les trois trésors

La conception taoïste de l’Être Humain (Ren) précise qu’issu de la Voie Universelle (Tao) et situé entre Ciel (Tian) et Terre (Di), l’individu (Jen) se compose d’un Principe Spirituel (Shen), d’un Principe Originel (Jing), d’un Principe Vital (Qi), animant une forme corporelle (Xing).

Xing, la forme corporelle, renvoie à tout ce qui compose le corps : les muscles, les tendons, les os, les vaisseaux sanguins, le sang, les organes et les entrailles, etc.

Jing, l’essence vitale : c’est le terme trouvé par les anciens chinois pour décrire l’essence de vitale, la trame de vie. Etymologiquement, c’est la graine de premier choix. On pourrait réduire la notion de Jing à l’ADN, mais ce serait effectivement réducteur…Le Jing c’est aussi tout ce que l’on acquiert par les transformations métaboliques. Il y a donc un Jing en nous qu’on ne peut ni réduire ni augmenter, mais que l’on peut préserver, voir améliorer en modifiant nos habitudes de vie, nos comportements, etc.

Qi, le principe vital, désigne plusieurs choses : 1. un ensemble de fonctions (l’impulsion, le          réchauffement, la protection, le contrôle et la transformation), 2. des mouvements (montée, descente,  extériorisation et intériorisation), 3. des catégories (l’énergie originelle, l’énergie fondamentale,  l’énergie nourricière, l’énergie défensive, l’énergie saine, l’énergie viciée,  l’énergie des organes et l’énergies des méridiens).

Le Qi est mouvement et circulation.

Les praticiens taoïstes et les praticiens en médecine traditionnelle ont identifié une circulation  spécifique de cette énergie dans le corps par le biais de « chemins » nommés méridiens. Ces « énergio-routes » lient entre eux les organes, les viscères, les muscles et tendons qu’elles traversent, le sang et les liquides et aussi les fonctions psychiques et émotionnelles…

Les déséquilibres et dysfonctionnements des organes et des viscères, du sang et des liquides, des émotions... vont donc créer des déséquilibres et des dysfonctionnements dans la circulation du Qi. Entretenir sa vitalité et la restaurer en cas de dysfonctionnement, reviendra alors soit à résoudre les déséquilibres et dysfonctionnements des organes et des viscères par exemple pour améliorer le Qi, soit à résoudre les déséquilibres et dysfonctionnements du Qi pour améliorer l’état des organes et des viscères.

 Dans l’un des plus anciens traités de médecine traditionnelle chinoise, le Huangdi Nei Jing 黄帝内经 (Traité de la médecine interne de l’Empereur Jaune), l’empereur Huangdi discute avec son médecin, du nom de Kiba, et lui dit ceci :

L’empereur : « vous m’avez enseigné l’acupuncture, mais j’ai vu qu’il existait d’autres méthodes »

Kiba : « il en existe cinq en tout : la nutrition et la conduite de l’énergie, les massages, les moxas, les préparations pharmaceutiques et l’acupuncture. »

La nutrition et la conduite de l’énergie (Qi Gong) se placent en tête de la hiérarchie des moyens utilisés en médecine chinoise traditionnelle, et forment une seule méthode.

La nutrition inclut les aliments physiques et subtils. 

Font ainsi partie de la nutrition ce qui va nourrir nos sens : la musique, le chant, la peinture, la calligraphie, la contemplation de la nature, etc. Prendre le temps d’observer un nuage ou de contempler un arbre sera tout aussi important que de déguster un bon plat. Prendre le temps d’inspirer et d’expirer, donc de respirer, fait complètement partie de cette nutrition subtile chère aux  praticiens du Tao.

Le Shen 神

On traduit Shen par Esprit, mais il faudrait plutôt dire Esprits (au pluriel). Le Shen c’est l’ensemble des fonctions psychiques et spirituelles de l’être humain. Dans la conception taoïste du corps humain, lorsque le Qi pénètre les organes (cœur, foie, reins, poumons, rate) il se particularise et prend ainsi une fonction psychique particulière.

Travailler son Qi permet donc aussi de travailler ces « fonctions psychiques » telles que l’intelligence en tant que capacité à avoir une personnalité cohérente (shen) , la capacité à avoir des projets (hun) , à affirmer son instinct de survie (po), à comprendre bien et énoncer clairement (yi) , à avoir de la volonté, de la détermination (zhi).

Les récentes découvertes faites dans le cadre des neurosciences viennent confirmer aujourd’hui cette intuition empirique que les anciens chinois firent jadis entre le travail d’intériorisation et de respiration, et le développement et l’amélioration des facultés psychiques.

 Tai Yi : la grande unité… Quand une partie bouge, tout bouge !

Le travail spécifique que propose le Qi Gong influence donc la forme corporelle (Xing) et la respiration et la vitalité (Qi).

Comme en ostéopathie, le Qi Gong conçoit l’être humain comme une grande unité (Tai Yi).

Le Qi des organes et des viscères est un Qi interdépendant.

Des lois, en médecine chinoise traditionnelle, établissent ainsi des interactions entre les      poumons, le cœur, le foie, la rate et les reins.

L’une de ces lois médicales les plus connues et qui décrit le mieux cette Grande Unité psychophysiologique de l’être humain est la Loi dite des Cinq Mouvements (Wu Xing), ou Cinq Eléments.

Les organes et les entrailles qui y sont associées sont classés de la façon suivante : EAU (reins + vessie) / BOIS (foie + vésicule biliaire)  / FEU (cœur et préricarde + intestin grêle) / TERRE (rate + estomac) / METAL (poumons + gros intestin).

Chaque élément pourra avoir soit 1. un rôle nourricier par rapport à un autre, 2. un rôle de contrôle et d’apaisement par rapport à un autre, 3. suivre globalement un cycle vertueux dit d’engendrement, ou 4. suivre des cycles pathogènes de  déséquilibre dits cycles destructeurs ou de révolte ou cycle barbare.

Les routes énergétiques nommées méridiens (Jing Luo) sont reliés à un ou plusieurs organes.

Ils sont aussi reliés entre eux 1. en surface avec les membres supérieurs et inférieurs, la tête et le tronc et 2. en profondeur avec les organes et les entrailles.

On distinguera ainsi 12 méridiens dits principaux (cœur / péricarde / intestin grêle / foie / vésicule biliaire / poumons / gros intestins / rate / estomac /  reins / vessie / triple réchauffeur) et 8 méridiens dits « extraordinaires » car ils ne sont pas     rattachés spécifiquement à des organes (vaisseau gouverneur et vaisseau conception, vaisseau vital, vaisseau de ceinture, etc.)

Ces méridiens se trouvent des points précis. Ces points vont avoir des fonctions à leur tour de contrôle, de stimulation, d’apaisement, afin d’agir sur les fonctions du Qi dans les méridiens pour travailler soit sur le méridien lui-même, soit sur l’organe qui lui correspond, soit sur des fonctions plus spécifiques...

Puisque les méridiens relient entre eux les organes et les entrailles, la  profondeur et la superficie, les fonctions du Qi (mobilité, réchauffement, montée,    descente, etc.) et le sang, les tendons et les muscles, la moelle et les os, l’intention et les émotions… nous nous retrouvons bien dans un système concevant l’être humain comme une globalité.

En nourrissant son souffle (Qi), en étirant les muscles et en entretenant la souplesse des articulations, en étirant les méridiens et en favorisant la circulation et le mouvement dans ces méridiens et dans son corps, en  intériorisant sa pensée et en concentrant son esprit, le pratiquant de Qi Gong peut donc chercher à agir tant sur la superficie (muscles, tendons, articulations…) que sur la profondeur (organes et entrailles), tant sur le « vulgaire » que sur le subtil.

 « Le rôle des vaisseaux et des veines est de permettre la circulation normale du sang et de l’énergie vitale de telle sorte que les principes vitaux issus de la nourriture et de la respiration puissent nourrir les organes et les viscères, renforcent les muscles, les tendons et les os, lubrifient les articulations. Si les articulations sont bloqués, si les os, les tendons et les muscles sont faibles, si les organes et les viscères sont inconvenablement nourris, si les principes vitaux issus de la nourriture et de la respiration sont déficients, la circulation du sang et de l’énergie vitale sera perturbée, les veines et les vaisseaux ne rempliront plus leur rôle, l’homme sera alors affaibli et le désordre s’installera laissant la porte ouverte à toutes sortes de maladies ».

Extrait du Huangdi Nei Jing (黄帝内经) ou Classique interne de l'empereur Jaune (traité de médecine traditionnelle rédigé entre 500 et 200 av. J.C)

  

dimanche 28 juin 2020

Guider et étirer son intention

Les pratiques chinoises de santé qui proposent des exercices ressemblant à des exercices de gymnastiques sont communément appelés Qi Gong.
Cette expression "Qi Gong" est assez récente.
Elle a été adoptée par décision politique dans les années 50, à l'initiative du jeune gouvernement communiste chinois de l'époque.
Mais avant les années 50, on s'aperçoit que cette expression "Qi Gong" n'existe pour ainsi dire pas. Elle est très peu utilisée, et quand elle l'est, d'autres expressions viennent la compléter afin d'enrichir son sens.


Yangsheng ("nourrir la vie") 养生. Quels liens entre Tai Chi et ...

On sait depuis la découverte de la tombe de Mawangdui en 1972 que les chinois pratiquent et transmettent ces méthodes de soin depuis au moins 2200 ans. Donc, avant les années 50, et pendant au moins 2200 ans, l'une des expressions qui décrivait ces méthodes de santé étaient yangsheng (養生/养生).
Yangsheng est l’une des nombreuses pratiques visant à préserver ou à rétablir la santé et à prolonger la vie.

Dans le Yangsheng, vont se regrouper diverses méthodes, dont l'une est nommé Daoyin.
C'est cette méthode, le Daoyin Fa Qi Gong que nous proposons d'étudier et de travailler au sein de notre association. 

Daoyin 導引 se traduit littéralement par "Guider et Étirer".

Le Daoyin Fa Qi Gong, est donc la technique (Fa) d'entretien (Gong) de la vitalité (Qi) en Guidant et Étirant (Daoyin).

Ce que l'on guide et que l'on étire, ce que l'on va accompagner avec ces exercices, c'est tout simplement notre intention.

L'intention, le Yi, permet au Qi de se manifester. Si nous n'avons pas d'intention, nous n'aurons pas d'énergie. Si je n'ai pas l'intention de me lever le matin, je n'aurai jamais l'énergie pour le faire. Si par contre mon intention est forte, puissante, alors mon énergie, même si elle est faible, pourra être mobilisée.

Il est très important de comprendre cette notion de Daoyin, de guider et d'étirer l'intention.
Cet accompagnement de notre intention va se faire du plus superficiel vers le plus profond.
En mobilisant mes articulations par les exercices de motricité fine que propose le Daoyin Qi Gong, je vais mobiliser mes muscles et mes tendons.
En coordonnant la mobilisation de mes articulations, de mes muscles et de mes tendons à ma respiration que je vais conscientiser, je vais pouvoir agir sur mon diaphragme, sur mes intestins en accompagnant ma respiration d'un mouvement abdominale plus ample.





En agissant sur mon abdomen et mes intestins, je vais agir sur l'immense champ neuronale qui s'y trouve, je vais faciliter les échanges qui s'y produisent. En sollicitant mon diaphragme, je vais solliciter mon système nerveux parasympathique, améliorer aussi mon brassage intestinal, ma régulation cardiaque...  

Le diaphragme est un muscle profond et les exercices de Daoyin vont mobiliser aussi d'autres muscles profonds, comme le psoas iliaque, l'ilio dorsal, le grand tendineux, etc... Ces muscles profonds sont responsables de l'ajustement tonique, de l'équilibre, de la représentation du corps dans l'espace, de ce que l'on va appeler la proprioception.

Cette action qui sollicite notre motricité fine et notre proprioception favorise le développement de la plasticité cérébrale, l'expansion de la connectivité des zones de notre cerveau, et de cette connectivité avec notre corps.

Il en va de même avec la respiration, qui en s'amplifiant et en étant conscientiser va nous permettre de mobiliser aussi certaines fonctions cérébrales comme la régulation de l'activité limbique liée aux hormones activées par le stress et l'anxiété, d'activer de nouveaux réseaux neuronaux, de lutter contre le vieillissement des cellules et la douleur, de développer le cortex préfrontal, zone de prise de conscience, d'empathie, de développement des neurones miroirs, etc., de favoriser une télomérase reconstructive...


C'est prouvé, méditer fait du bien au cerveau ! | Les Echos

Ainsi, d'un simple mouvement corporel combiné à un simple mouvement respiratoire conscient, on va guider et étirer notre intention et mobiliser notre vitalité à travers diverses strates de notre être, de nos muscles jusqu'à nos neurotransmetteurs, ceci afin d'atteindre cet objectif définit depuis des temps anciens : fortifier le corps, développer les sens et éveiller l'esprit.

Cet objectif de fortification du corps, de développement sensoriel et d'éveil de l'esprit nous permet de réaliser très concrètement la puissance et la force de notre existence.
Le mouvement se ralentit, puis s'arrête en apparence pour nous encourager à percevoir que l'action de ce mouvement continue en profondeur.

L'activité de nos vies s'inscrit dans une dynamique de production, d'occupations et de distractions... 
L'activité génère de la dépense énergétique, et aussi plaisante soit cette activité, aussi intense soit elle, plus intense est elle d'ailleurs, et plus notre corps s'épuise. 
C'est le principe même de la vie ! 

De nos jours certains enseignants proposent d'utiliser le Qi Gong pour obtenir du succès, réaliser des performances, accomplir des exploits... D'autres vendent des programmes de coaching sous forme d'atelier de développement personnel ou de gestion du stress.

Hors, comme nous l'avons dit plus haut, le Daoyin nous propose d'étirer et de guider notre intention jusqu'à l'extinction du mouvement extérieur afin d'aller ressentir la continuité de ce mouvement à l'intérieur.
Ralentir, ne rechercher aucune performance, quitter l'agitation de l'occupation et de la distraction pour nous relier à nous même, pour nous relier au silence, pour nous relier au mouvement intérieur, pour le ressentir, et ressentir à travers lui la puissance de notre existence... 
La question qui s'impose dans le chemin de cette découverte intérieure est la suivante : quand nos pensées ralentissent, puis s'arrêtent, quand nos mouvements ralentissent puis s'arrêtent, quand ne demeurent que le silence intérieur et l'immobilité, qui sommes nous ?


Zhan zhuang

C'est précisément dans cette immobilité et dans ce silence que nous pouvons espérer découvrir en nous la force de l'immobilité et du silence apparents de l'univers. Ainsi, exactement comme le propose la méditation ou le Yoga, le Daoyin Qi Gong permet de nous ouvrir à la vie tout d'abord, à l'existence ensuite. En ce sens, ces pratiques gymniques en apparence, se révèlent être des pratiques spirituelles dans le fond.

Le Qi est parfois décrit comme de la bio électricité ou une force électromagnétique ou un champ bioélectromagnétique ou parfois on entend qu'il s'agit d'une onde de forme qui émane du cosmos et se manifeste dans le corps de telle manière que si on l'utilise avec science on peut modifier son ADN.
Toutes ces notions se confondent et se mélangent, du pire au stupide, dans une espèce de flou dans lequel cette notion même de Qi s'éteint au détriment d'explications rances et  avariées.


ideogramme-qi-1 - Soins et Toucher

L'idéogramme Qi décrit du riz entrain de cuire dans une marmite, marmite de laquelle émane de la vapeur.
Qi se traduit par souffle, respiration, vitalité, énergie vitale.

Cette vitalité émane du Tao. 
Le Qi n'est que le mouvement du Tao, de l'univers. 
C'est tout simplement le vivant, la vie, mais aussi la perception que nous pouvons avoir de cette vie, et la façon que nous pouvons avoir de manifester cette vie à l'extérieur de nous... c'est ce qu'on appelle l'existence.


" Couvrant le ciel et portant la terre, il englobe les quatre quadrants et refend les huit directions ; s’élevant sans connaître de limites, s’abîmant dans l’insondable, il enveloppe le ciel, il enserre la terre. Il est réserve et provende du Sans Forme." Les Grands Traités du Huainan Zi

« Silencieux et vide, indépendant et inaltérable, il circule partout sans jamais se lasser. On peut le considérer comme la mère du monde entier. Ne connaissant pas son nom, je le dénomme Tao » Lao Tseu, Tao Te King, chapitre XXV

Mobiliser le mouvement et la respiration, c'est mobiliser sa vitalité.
Mobiliser sa vitalité, c'est s'ouvrir à la vie.
Avoir un outil de pratique qui permet d'entretenir sa vitalité, de développer ses sens et d'éveiller son esprit, permet de guider et d'étirer son intention de son être vers l'immensité du vivant et de l'univers pour réaliser que le microcosme de notre être peut s'harmoniser à quelque chose de plus grand, qui nous enveloppe et que les anciens appellent Tao.
Il n'y a pas là de recherche de déité ou de religiosité... 
Mais le développement d'une perception, d'une compréhension, d'une capacité à comprendre sa vie au delà du simple besoin de nourriture, de plaisir et de distraction, de comprendre au delà du sens du vivant le sens de son existence dans cet univers, et de la puissance de l'immobilité et du silence pour écouter, voir, toucher, sentir, goûter pour enfin ressentir l'immensité des informations qui nous arrivent de l'extérieur et qui nous façonnent intérieurement.

Combien de temps par jour faut-il passer dans la nature pour ne ...







dimanche 3 mai 2020

Covid19, effondrement sociétal, hydroxychloroquine et fin du monde : le business des faiseurs de peur !


Depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid19, beaucoup d’informations véhiculent sur Internet, informations parfois relayées par des professeurs d’arts martiaux, de Qi Gong et de Yoga. On voit se développer des séances de Qi Gong pour « développer son système immunitaire », on entend des enseignants d’arts martiaux nous alerter sur les dangers d’une république qui nous manipule, on entend des « maîtres spirituels » nous conseiller en ces périodes qui annoncent une fin des temps…

J’ai moi-même été récemment interpellé et sollicité pour exprimer mon point de vue sur tel ou tel sujet, afin de « dire ce que j’en pense »… Je suis déjà très étonné qu’on ait pensé à moi pour exprimer un avis sur ces thèmes là… Je ne sais pas si cela doit m’inquiéter ou me flatter…

J’ai intitulé ce post « Covid19, effondrement sociétal, hydroxychloroquine et fin du monde »… vous comprenez je pense un peu mieux maintenant pourquoi…

Il est important que je réponde, au risque de ne pas me faire des amis, voir peut être en perdre. Il est important que je le fasse afin d’aplanir les doutes, et de dire que je me sens plus inquiet que flatté que l’on ait pu penser à moi pour m’exprimer sur ces thèmes.

Je pense que l’un des gros problèmes de notre temps est justement qu’un peu trop de gens aiment bien trop souvent « dire ce qu’ils en pensent », sans malheureusement n’avoir ni les facultés intellectuelles ni les connaissances nécessaires pour pouvoir justement s’exprimer sur l’immense foule de sujets pour lesquels ils ont bizarrement tant à dire…

Je suis pratiquant d’arts martiaux et de Qi Gong et, j’enseigne humblement ces matières… Aussi donc, en quoi mon avis sur le Covid 19, la gestion gouvernementale de la crise sanitaire, les déclarations sur la chloroquine ou mon avis sur le fait que les chinois aient intentionnellement déversé le Covid sur le monde, peut il être (mon avis) éclairé, informé, argumenté et servir de quelconque référence à qui que ce soit ?

Je pense pour ma part, que notre époque souffre d’une immense déficience d’intelligence, que nous avons produit la société qui nous convient, basée sur la distraction et le culte de l’individualité, et que malheureusement, nos cerveaux sous alimentés intellectuellement, gavés d’émissions les plus stupides les unes que les autres, de jeux qui dérèglent nos rythmes de vie, entraînés à émettre des avis qui ne dépassent pas 140 caractères, incessamment agressés par un besoin de reconnaissance sociale identifiée non plus par un sourire, une embrassade ou une poignée de mains, mais par des « like » sur les réseaux sociaux, que ces cerveaux donc se cantonnent à l’essentiel et au fondamental : les émotions !
Impérieusement guidés par nos émotions, nous ne réagissons que sous forme d’impulsions et de compulsions, et comme la peur est l’émotion la plus propice à notre survie en tant qu’espèce menacée, c’est elle qui le plus souvent motive nos avis.

Je n’ai pas d’avis à donner sur le Covid 19, sur les laboratoires chinois, sur la guerre civile à venir et encore moins sur le retour d'un bouddha messianique !
Pour avoir un avis à donner sur ces sujets, il faudrait que je fasse des études en virologie, que je me déplace jusqu’en Chine afin de voir réellement les conditions de sécurité des laboratoires, que je fasse des études en économie, en géopolitique, en histoire et en stratégie, et qu’enfin, concernant l’éventuel révélation messianique, que je fasse à minima des études en histoire des religions.

Je suis atterré quand j’entends des personnes argumenter sur tous ces thèmes, donner leur avis à grand renfort de citation de tel livre dénonçant des complots d’état, ou tel livre sur la spiritualité qui dévoile un plan cosmique et divin ou de tel rapport qu’ils ont lu sur Internet mettant à jour des failles scientifiques sur tel ou tel sujet…

Il n’y a plus de réserve, il n’y a plus de décence, il n’y a plus de réfutation ou simplement d’esprit d’analyse.

Ces gens n’ont aucune compassion, aucun amour de la vérité ! 
Ils s’en fichent de l’impact de leurs mots, de leurs écrits, de leurs vidéos ! Ils se moquent de savoir si ce qu’ils vont véhiculer comme information va détruire la vie d’une personne ou de mille…

Seul compte pour eux la peur !

Leur peur, votre peur, la peur qui alimente leurs récits, leurs lectures du monde, leurs besoins de trouver un moyen d’existence, de reconnaissance, de statut social, d’être enfin écoutés parce que « je l’avais dit ! » !

Leur cerveau est tellement saturé d'hormones lorsqu'ils parlent de tout cela !  
Enfin, ils sont à l’égal de Dieu : ils en connaissent les plans !
Enfin, ils sont à l’égal des grands de ce monde, des hommes politiques, des ultra-riches : ils ont percé leur manipulation au grand jour !

Ils savent ! Ils savent que Bill Gates veut tuer la moitié de la population mondiale ! Ils savent que les campagnes de vaccination en Afrique ont été menées pour stériliser les jeunes africaines ! Ils savent que telle ou telle organisation prépare un Nouvel Ordre Mondial ! Ils savent, ils savent, ils savent !!!! Ils savent tant de choses… Mais réfutent tout argument contraire du simple et éloquent : « si tu n’es pas d’accord avec moi, c’est que tu es avec eux ! »

Vous l’aurez compris, je n’ai pas à dire ce que je pense sur le Covid19, la fin du monde ou le retour d'un bouddha…
En tant qu’enseignant d’arts martiaux, je peux juste vous dire : entraînez-vous pour parfaire votre technique et pour renforcer votre mental contre la peur.
En tant qu’enseignant de Qi Gong, je peux juste vous dire : entraînez-vous pour nourrir votre vitalité, votre énergie et avoir un esprit apaisé, qui ne se laisse pas troublé par la peur.
En tant que passionné de philosophie taoïste, je peux juste vous dire : réfutez les discours qui troublent vos énergies et vous font oublier la Voie immuable en diffusant la peur dans votre conscience.

Lisez, cultivez-vous !!!
Acceptez de lire, d’écouter, de comprendre des discours rationalistes, universalistes, cultivez en vous ce désir de rationalisme et d’universalisme !
Ne vous alimentez pas des discours qui ne vont satisfaire que votre égo, que vos certitudes ! 
Vos certitudes ont déjà tout compris. Il faut les confronter aux doutes. Si vos certitudes sont vraies, elles ne seront pas mises à mal ! N’ayez donc pas peur alors de les confronter, de les bousculer, de les voir rencontrer d’autres certitudes !
Ne lisez pas ou n’écoutez pas le commentaire de celui qui connait celui qui connait celle qui connait celui qui connait celle qui connait celui qui… 

Si vous vous intéressez aux virus, aux vaccins, lisez des études scientifiques émis par des journalistes scientifiques, ou par des spécialistes. Si vous ne comprenez pas les termes, acheter un dictionnaire, renseignez vous, posez des questions à votre médecin de famille, ou votre pharmacien. 

Quittez l'univers de la peur et du doute ! 
Faites du bien à votre raison, à votre cerveau, à votre corps, à votre vitalité !

En tant que passionné de philosophie bouddhiste, je vous renvoie à un discours du Bouddha, qui exprime bien mieux que je ne le ferai jamais, l’attitude à préserver en ces temps étranges où « tant de gens ont tant à dire » :

Karaniya Mettā Sutta
Hymne de l’amour universel

Voici comment devrait se comporter
Celui qui a développé des qualités de bonté
Et qui connaît la voie de la paix.
Qu'il soit appliqué, honnête et droit, direct et doux dans ses paroles.

Humble et sans prétention,
Satisfait et aisément contenté.
Qu'il ne se laisse pas submerger par les obligations
Et demeure frugal.

Qu’il soit paisible, maître de ses sens, naturellement discret, sans exigences.
Et qu'il ne fasse rien que les sages, plus tard, pourraient désapprouver.
Qu’il médite ainsi : « Prenant moi-même refuge dans le bonheur et dans la paix,
Je souhaite que tous les êtres soient heureux et en paix. 

Que tous les êtres vivants, quels qu’ils soient,
Les faibles comme les forts, tous sans exception,
Les grands et les puissants,
Les moyens et les petits,

Visibles et invisibles,
Proches et lointains,
Nés et à naître,
Que tous les êtres soient heureux et en paix !

Que nul ne trompe autrui,
Ni ne méprise aucun être, quel qu’il soit.
Que nul, par colère ou aversion,
Ne souhaite de mal à autrui. 

Comme une mère,
Au péril de sa vie,
Protège son enfant,
Son unique enfant,

Ainsi doit-on ouvrir son cœur à l’infini à tous les êtres vivants,
Rayonner la bienveillance envers le monde entier :
Ouvrir son cœur dans toutes les directions,
En haut, en bas et tout autour, sans limites,

Libre de toute haine et de toute aversion.
Que l’on soit assis, debout, en marche ou couché,
Tant que l’on est éveillé, on doit toujours être fidèle à ce souhait.
C’est ce que l’on appelle
« Demeurer dans un état divin, ici et maintenant ».

Sans se laisser piéger par des croyances erronées
Celui qui a le cœur pur, qui voit la vérité ultime des choses
Et qui s’est libéré de tous les désirs sensoriels,
Ne reprendra plus jamais naissance dans ce monde.





 


L’attitude juste envers un maître et la pratique

  Dans les arts martiaux traditionnels d’Asie, la relation entre l’élève et l’enseignant ne repose ni sur la soumission aveugle ni sur une...