samedi 18 octobre 2025

Les arts martiaux de la région de Bình Định, au Viêt Nam

 

Dans la province de Bình Định, au centre-sud du Viêt Nam, s’est développée une longue tradition martiale appelée Võ Bình Định. Elle trouve ses racines dans la défense du territoire et connut un essor particulier au XVIII siècle, sous l’impulsion de la dynastie Tây Sơn.

Cette forme martiale se distingue par une grande diversité de styles et d’armes — mains nues, bâtons, épées, lances — et par une philosophie qui associe puissance, agilité et maîtrise de soi. Les techniques allient des attaques rapides à des déplacements vifs, dans une recherche d’équilibre entre force et fluidité.

Les arts martiaux de Bình Định portent aussi une dimension culturelle forte : ils étaient pratiqués dans les villages, transmis au sein des familles, et enseignés aussi bien aux hommes qu’aux femmes. L’expression populaire « Trai An Thái, gái An Vinh » (« les hommes An Thái, les femmes An Vinh ») rappelle d’ailleurs deux des grands styles régionaux.

Sous les Tây Sơn, ces arts connurent un véritable âge d’or : ils faisaient partie de l’entraînement militaire et furent largement diffusés à travers le pays. Aujourd’hui encore, le Võ Bình Định est reconnu comme un patrimoine immatériel national et demeure vivant dans de nombreuses écoles et villages où la tradition se perpétue.

Plus qu’un ensemble de techniques de combat, il représente un héritage culturel et spirituel du Viêt Nam, où le corps, la mémoire, le lieu et l’esprit se rejoignent.

Du XI au XIV siècle, le Đại Việt (ancien Viêt Nam) développa une tradition militaire puissante, fondée sur une cavalerie aguerrie et une organisation stratégique d’une grande précision.
Sous les dynasties des (1010-1225) puis des Trần (1225-1413), l’armée vietnamienne atteignit un haut degré de discipline et d’efficacité, jouant un rôle déterminant dans la défense du royaume face aux puissances voisines.

Sous les Lý, l’empereur Lý Thánh Tông mit en place en 1059 un Statut Militaire divisant les troupes en huit enseignes, chacune formée de cavaliers et d’artilleurs. L’armée comptait alors plusieurs corps spécialisés : troupes principales, forces cantonnées, unités mobiles et gardes de citadelles. Cette organisation contribua à la victoire du général Lý Thường Kiệt, qui repoussa les armées chinoises des Song et pacifia le Champa, consolidant la puissance du Đại Việt.



La dynastie des Trần perfectionna ensuite ce modèle. L’empereur Trần Thái Tông structura l’armée en différentes classes et armées d’élite, réparties sur tout le territoire. La force militaire des Trần, forte de plusieurs centaines de milliers d’hommes, intégrait cavalerie, infanterie et marine sous un commandement centralisé. Grâce à cette organisation et à l’union du peuple, le généralissime Trần Hưng Đạo remporta de grandes victoires contre les invasions mongoles aux XIII siècle, notamment lors des batailles de Bạch Đằng, Hàm Tử et Chương Dương.

Ces victoires illustrent la combinaison d’un art militaire élaboré, d’une maîtrise équestre remarquable et d’une cohésion nationale exceptionnelle. Elles ont durablement marqué l’histoire du Viêt Nam et inspiré le respect de nations voisines comme le Japon.




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